Critique du film Le frère du guerrier (4 / 10)
JOLI NAVET DE JOLIVET
On prend l'équipe de "Ma petite entreprise", on la transpose façon moyenâgeuse, et on obtient... pas grand chose. Au regard de la bande-annonce, on s'attendait à une fresque historique avec des paysages à couper le souffle. Ne subsiste que l'impressionnant panorama de la Lozère profonde. Le reste n'est que prétexte à employer un casting plus qu'honorable. Seulement voilà : Vincent Lindon en valeureux chevalier n'est pas crédible pour un écu. Le héros de "La crise" a beau faire des efforts inconsidérés, rien n'y fait. On le préfèrera largement dans des rôles plus urbains dans lesquels il évolue à merveille. Pour la petite anecdote, l'acteur a demandé à la costumière d'évoluer en Jean's sous ses costumes, pour être à l'aise. Comme quoi. Pas mieux pour Guillaume Canet en Jésus amnésique cracra. La prestation du protagoniste de "Vidocq" se limite en effet à de menues répliques. Des regards, rien que des regards pour celui qui a tout oublié, même de bien jouer. On pardonnera la belle Mélanie Doutey qui débute et qui a volé la vedette à quelques grandes actrices pour le casting, et François Berléand qui surnage en prêtre bienfaiteur. Mais on ne peut pas dire que le résultat soit à la hauteur. Notons tout de même un effort certain pour le réalisme des combats épiques. Les cascades chevaleresques sont bien ficelées, les affrontements à l'arbalète et à l'épée sont prenants. Les plus jeunes seront ravis. Cela étant, croiser le fer à tout va ne suffit pas à faire un bon film d'époque épique. Il faut autre chose. Et c'est ce petit rien qui manque au "Frère du Guerrier". Les dialogues sont creux et les longueurs soporifiques. Rien de bien subtil ou de suggestif. Des vallons à perte de vue, des chevauchées en veux-tu en voilà, et une quête pour un livre de cuisine médicinale. C'est à peu près tout pour un film sans grand intérêt, même d'un point de vue historique.
Par zoom-Cinema.fr le 13 mars 2002.


Soyez le premier à commenter ce film !