Critique du film Une pure coïncidence (8 / 10)
BIG GOUPILIS IS WATCHING YOU
Dès les premières secondes, le film surprend : pas de générique hollywoodien. Pas de casting. Pas de logos de maisons de production. Juste des images, comme on diffuse un film de famille. Et c'est justement ce qu'était à la base, "Une pure coïncidence". Romain Goupil voulait, au départ, créer un petit film personnel sur un homme alors malade (le père de son ami Nicolas).
Images donc destinés à la famille uniquement. Mais la rencontre par hasard avec un sans-papier a changé le cours des choses et sans en avoir réellement l'intention, Romain Goupil a réalisé un film touchant, simple et percutant.
A l'heure où la "real TV" envahit notre pays, où tous "Big Brother", (des gens vivent devant les caméras US 24/24) et autres Loft Story égarent nos esprits loin des problèmes du monde et abêtissent les populations par l'inexistence, voire l'indécence de leur contenu, Romain Goupil réalise sans mensonge, sans prévision et sans story-board, un film où les thèmes interpellent parce qu'ils sont honnêtes et vrais.
Il y a le côté humain. Des vieux copains proches de la cinquantaines qui décident un jour sans vraiment s'en rendre compte d'aller au bout d'eux même, de se prouver qu'ils peuvent avoir 50 ans et garder des valeurs et des rêves. Ils nous prouvent aussi qu'on peut faire des choses graves dans un climat délicat tout en restant modeste et continuer à plaisanter.
Mais l'acte ici n'y pas pour rien et Romain Goupil ne tombe à aucun moment dans le pathétique. Les images montrent simplement quelque chose qui leur tient à cour : tenter d'améliorer (à leur niveau) la condition des sans papiers en démantelant une officine de trafic humain. Un engagement politique donc. Une sorte de "Zone interdite" à la Goupil où de grands enfants qui aiment la vie, la vivent à 100% pendant quelques jours à travers une enquête. Leur enquête.
Aidés par des complices qui ne demandent même pas pourquoi, les quatre hommes passent à l'action aussi bien que l'aurait fait Clark Kent et Loïs Lane (Superman et son acolyte). Mais le tout nous procure une sensation partagée. On ne peut évidemment pas rester de glace face au problème du racket des sans papiers. Mais comment nier qu'1h32 en compagnie de cette bande de joyeux gaillards nous donne l'impression d'avoir résolu l'énigme avec eux, d'être de la famille ?
Rien à voir avec les grosses productions US. La différence ici est en effet de taille : les "héros" sont des gens ordinaires qui ne cherchent qu'à réparer une injustice, pas à en tirer une quelconque gloire où un quelconque profit. Bref, une action militante mise en image et qui sort dans un contexte politico-médiatique obnubilé par l'insécurité.
Un "documentaire" en forme de leçon qui risque de faire parler de lui ailleurs que dans la sphère du 7éme art.
- Justine C@ssu
Par zoom-Cinema.fr le 29 mai 2002.


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