40 jours et 40 nuits
Critique du film

Affiche miniature du film 40 jours et 40 nuits Affiche du film 40 jours et 40 nuits
 


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Ciné : 10 July 2002

Genre : Comédie.
Nationalité : Américain

Critique du film 40 jours et 40 nuits (6 / 10)

LE CHASTE SUR UN MOIS BRÛLANT


Au départ un concept prétexte à une avalanche de gags. Soit une ville romantique aux couchers de soleil rougeoyants (San Francisco et son Golden Gate), un playboy (Josh Hartnett, qui lit le magazine en question), un métier dans l'air du temps (une start up avec ambiance conviviale à la clé). Empacté s'est pesé. La recette manque plutôt d'originalité d'autant que le réalisateur cumule les élements irréalistes : une ville capitale des gays transformée en cité hétérosexuelle blanche, des tops models à chaque coin de rue (y compris le prêtre au sourire angélique digne d'Email Diamant).

Un monde éducoloré où la psychologie est annihiliée. Encore faut-il préciser que Michael Lehman n'est guère connu pour sa finesse. Son dernier film confirme cette tendance, avec les éternels archétypes sur les rapports hommes/femmes : les nanas adorent exhiber leur string. Et les hommes ne pensent qu'à "çà", c'est bien connu... La sensibilité et les complexes sont complètement occultés. On va vu pire en matière de misogynie certes. Mais le formatage hollywoodien empêche tout délire et par conséquent le développement de tout point de vue. Durant ce carême du sexe, on ne voit pas ce qu'il y a de bon dans l'absence de sexe. Une sorte de jeu où jouir est un objectif en soi. Cette bestialité est renforcée par la quasi-absence de sujets intéressants, ces derniers étant à peine effleurés (le porno sur le web, le doute...).

Le spectateur surfe de clichés en caricatures sans avoir la chance de voir à l'écran ne serait-ce qu'un embryon de réflexion sur l'abstinence (surtout quand on sait que Président des USA lui-même prône ce genre d'attitude dans sa politique contre l'avortement). Et en ces années sida, cette sexualité débridée sans protection apparente fait froid dans le dos. Bon produit marketing, "40 jours et 40 nuits" n'en reste pas moins plaisant à regarder : Shannyn Sossamon, dans le rôle d'Erica, a non seulement un joli sourire à la Julia Roberts et s'avère plutôt convaincante. Et le spectateur retiendra, espérons-le, une jolie scène d'amour virtuelle entre les deux amants. Une séance de sexe à fleur de peau (un pétale frôlant l'épiderme) et de souffle délicat (pour que le contact fasse frissonner la belle). Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes : deux minutes de bonheur sur 1 h 36. C'est peu.

Par zoom-Cinema.fr le 10 July 2002.

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