Accueil > Agathe Cléry > Secrets de tournage

Agathe Cléry
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Agathe Cléry Affiche du film Agathe Cléry
 


50 %   (81 votes)

Donnez votre avis !

Ciné : 3 décembre 2008

Genre : Comédie.
Nationalité : Français

Secret de tournage du film Agathe Cléry

Secret de tournage du film Agathe Cléry

L’enjeu

Le film Agathe Cléry va-il conquérir les spectateurs ? Une question cruciale, puisqu’Etienne Chatilliez a connu un sérieux revers avec La Confiance règne, après avoir enthousiasmé critiques et public avec une série de films à l’humour féroce : Tatie Danielle, La vie est une long fleuve tranquille, Le bonheur est dans le pré, Tanguy. Depuis qu’il ne travaille plus avec sa scénariste attitrée Florence Quentin, le réalisateur ne séduit plus autant les foules. Idem pour Florence Quentin, qui s’est lancée elle aussi dans la réalisation : J’ai Faim et Leur morale...et la nôtre n’ont pas remporté le succès escompté. Dans Agathe Cléry, Etienne Chatilliez dirige Valérie Lemercier. La comédienne qui se fait rare au cinéma depuis Palais Royal. Quelques semaines avant la sortie d’Agathe Cléry, elle assure la réouverture du Palace à Paris avec un nouveau one-woman show. Agathe Cléry devra faire face à deux sérieux concurrents : L’Emmerdeur de Francis Veber et La guerre des miss de Patrice Leconte avec Benoit Poelvoorde.

L’idée


Etienne Chatilliez, réalisateur d’Agathe Cléry explique l’idée de départ de cette comédie : "c’est une idée de Yolande Zauberman qui m’avait déjà donné l’idée de Tanguy. C’est une histoire vraie, qui s’est passée en Afrique du Sud pendant l’apartheid. Une blanche avait contracté la maladie d’Addison, elle était devenue noire. À l’époque, celle de l’apartheid, sa situation était nettement moins amusante que celle du film. Cette femme était carrément passée de l’autre côté du miroir, si on peut dire. Elle devait se tenir debout dans le bus au lieu d’être assise, etc. Sa famille l’a reniée, elle a failli devenir folle. L’idée m’avait plu mais je ne savais pas bien quoi en faire. D’autant que, si le sujet fonctionnait bien dans une Afrique du Sud coupée en deux, il était moins évident de l’adapter chez nous. Il y a longtemps que je voulais faire une comédie musicale: j’ai trouvé que la comédie musicale donnait de la légèreté au sujet et que le sujet donnait du fond à la comédie musicale. Mais comment adapter l’histoire, la transposer chez nous? Retrouver une vérité dans un pays qui n’est pas aussi clairement divisé ? Je suis parti d’une reformulation de l’histoire: une femme blanche, raciste, devient noire".

Chorégraphie

Etienne Chatilliez, réalisateur d’Agathe Cléry, explique comment il a choisit les compositeurs et chorégraphes : "je travaille depuis 30 ans avec la chorégraphe Molly Molloy. Molly est née à Broadway, on s’entend extrêmement bien, on fonctionne en binôme, on est complémentaires. Je savais ce dont on avait besoin pour le film, et ce dont moi j’avais envie. J’ai passé énormément de temps à danser moi-même et à montrer à Molly ce que je voulais, et elle me comprenait tout de suite. Quand elle voit un poireau s’agiter dans une pièce, moi en l’occurrence, elle le comprend et elle le met en forme mais sans jamais le dévier du sens. La plus grande difficulté a été de trouver des compositeurs. Pas des musiciens ni des chanteurs mais des gens qui soient capables de composer de la musique et de se soumettre à cet exercice. C’était un slalom imposé: Laurent Chouchan et moi avions d’abord écrit les paroles des chansons. On pouvait évidemment modifier, couper, ajouter... Ce n’était pas un problème. Créer une bande son intéressante, si. J’avais déjà travaillé avec Matthew Herbert, un musicien anglais, absolument génial - je l’appelle le Kubrick de la musique - je suis donc allé le voir. Mais dès le départ je savais aussi que je n’allais pas donner l’ensemble à une seule et même personne. Il y avait des genres différents et ce qui m’intéressait, c’était le côté hétéroclite de l’en- semble. Seul le point de vue allait lier tout ça. Je suis allé voir quelques artistes français que j’aime bien. Plu- sieurs sont partis en courant parce qu’avec ce projet, ils perdaient leur liberté. D’autre part, il fallait trouver des compositeurs, or ici on en a peu. Après Matthew Herbert, Bruno Coulais a accepté et puis Crapou, mon vieux complice de Eram. Matthew a écrit l’essentiel des thèmes, Bruno a composé Raciste, le titre qui risque de marcher le mieux, et Michael Jackson. Crapou a fait des adaptations, des créations parce qu’il est tombé dans l’humour quand il était petit. Il sait très bien détourner les choses, c’est aussi un vieux complice. Il y a aussi des chansons: au début, je voulais juste mettre les Beatles, mais il était impossible d’avoir les droits. Et puis les choses vont ainsi... vous partez d’une envie, qui petit à petit se déplace et vous devez servir l’histoire, le tempo des numéros. J’avais envie de mélanger les genres, de mettre à la fois l’Internationale, du flamenco, un titre Soft Cell dans la boîte de nuit. Il n’y avait pas de musicien, pas même de compositeur, ou alors je ne les connais pas, qui aurait pu, à mon sens, tout faire de A à Z."

Maquillage

Valérie Lemercier explique comment s'est déroulé la phase de maquillage pour entrer dans la peau d'Agathe Cléry : "je me levais à 5h du matin tous les jours et je rentrais à 10h du soir chez moi, encore noire parce qu’il en restait dans les oreilles, dans les yeux, dans le nez, dans les che- veux.D’abord c’était de l’aérographe à l’alcool, donc ça me saoulait un peu. On en mettait plusieurs couches, d’abord du orange, du marron, du noir pour faire des ombres. Tous les jours il fallait 3 heures et demie pour me maquiller et 1 heure 45 pour tout enlever, enfin presque tout, malgré la toilette au gant. Je me sentais comme un bébé. J’étais tout le temps assistée, je ne pouvais rien faire. Pas coller les jambes à la cantine parce qu’après je me retrouvais avec de grandes marques blanches. Ne pas bouger sous peine de devoir tout recommencer. Et le soir, j’étais nettoyée comme un bébé. Et après je passais encore à la douche, je me grattais, je me frottais et j’avais beau faire, il y en avait toujours..."

Changement

Valérie Lemercier explique pourquoi Agathe Cléry l'a changé : "le dernier jour du tournage Etienne m’a offert un coffret à bijoux que j’ai changé pour une valise sur laquelle j’ai fait graver: «Etienne, j’ai changé». Ce film m’a changée, c’est certain. Le plus nouveau pour moi c’est que c’est la première fois de ma vie que je joue un rôle aussi complet, que j’ai une histoire d’amour dans un film. C’est mon premier film de jeune fille si on peut dire... Il m’est arrivé d’être mariée, ou de vivre des histoires qui ne se passaient pas très bien, mais dans aucun film je n’ai été amoureuse. Ça, c’était très nouveau à jouer. En général je joue des personnages qui s’en sortent, ou portent beau alors que ça ne va pas. Sur scène je joue des personnages de victimes, mais qui rigolent. Là, il fallait tout le temps être triste, il fallait tout le temps avoir la tête en bas, il fallait tout le temps tomber. Ça, c’est des choses que je n’avais jamais faites non plus. Il y avait plein de choses à jouer (je ne parle même pas de danse et de chant) de registres de jeu, de domaines que je n’avais jamais explorés, de choses qu’on ne m’avait jamais demandées."

Par zoom-Cinema.fr le 3 décembre 2008.

Dernières réactions sur Agathe Cléry

Attention, il est possible que certains commentaires contiennent des révélations sur la fin du film "Agathe Cléry" ou sur des éléments clés de celui-ci, donc prudence pour ceux qui n'ont pas encore vu Agathe Cléry.

Soyez le premier à commenter ce film !


       Email

Votre réaction :