Critique du film And now...Ladies and gentlemen (3 / 10)
LA VERITE EST AILLEURS
"La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve". Lors de la clôture du 55ème festival de Cannes, Claude Lelouch a fait voyager les festivaliers à travers une magnifique carte postale marocaine, sur fond de musique jazz, bercée par la douce voix de Patricia Kaas. "And Now... Ladies and Gentlemen", marque les débuts de la chanteuse au cinéma aux côtés du séduisant Jeremy Irons ("La maîtresse du lieutenant français" 1981, "Le mystère von Bülow" 1990 ,"Donjons et dragons" 2000, "La machine à remonter le temps" 2002).
Il faut bien le reconnaître, "And now. Ladies and gentlemen.." est un film à l'eau de rose. Les vingt premières minutes du film suffisent malheureusement à nous faire entrevoir un dénouement que l'on aurait aimé plus original.
Tout cela partait pourtant bien. Un amour déçu, une rencontre, un départ. Un voleur, une chanteuse.
Le soleil, le sable. Malheureusement, le scénario s'égare et égare vite le spectateur en personnages et scènes inutiles (le restaurateur/boxeur jaloux de son homme à tout faire par exemple). Mais la vérité est ailleurs.
Le film s'articule autour de l'oubli, volontaire ou non, à travers ses personnages qui souffrent d'amnésie passagère. Leur passé troublé et leur maladie commune vont les réunir. Le spectateur se laisse alors finalement emporter par cette fable gentillette sur la vie, ses déceptions et ses mauvais tours.
Le tout baigne agréablement dans la chaleureuse voix de Mademoiselle chante le blues et le british accent de Jeremy Irons (au regret d'avoir entendu un peu trop d'anglais pour un film français, avec des sous titres pas toujours heureux d'ailleurs).
Les deux acteurs principaux font preuve d'un professionnalisme admirable, même si l'on regrette que leur jeu n'ait pas eu bien plus à démontrer que l'oubli et la déception.
Mais Lelouch, fidèle à lui-même, parvient à faire beaucoup avec pas grand chose, à l'image des mouvements de caméra souvent réduits à l'essentiel, tout en y ajoutant un zeste d'humour dans son travail.
A ce titre, Jeremy Irons déguisé en vielle dame est impayable! Et on appréciera les plus ou moins brèves apparitions de personnalités françaises, de Thierry Lhermitte à Yvan Attal en passant par Bernard Montiel dans le microscopique rôle d'un chauffagiste ! Le dernier Lelouch navigue donc entre les styles.
Parfois drôle, parfois un peu dur. Comédie romantique un peu James Bond, même la femme de ménage de l'hotel est un peu sherlock.
Le film est aussi plein de tendresse naturelle, sans complications ni cris.
Les héros ne ressemblent pas non plus aux héros de contes de fées. Un peu comme dans la vie, en fait ; et c'est finalement mieux comme ça.
Une histoire d'amour, un gentleman cambrioleur, la mort, la boxe, de belles voitures et des bateaux. Voilà une jolie compilation des passions de Mr. Lelouch. Encore faut-il en aimer le style. -
Justine C@ssu -
Par zoom-Cinema.fr le 29 avril 2002.


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