Secret de tournage du film Azur et Asmar
Présenté au festival de Cannes 2006, section Quinzaine des réalisateurs.
Retour de Michel Ocelot après le succès de Kirikou et Kirikou et les bêtes sauvages.
Son nouveau film Azur et Asmara été présenté au festival de Cannes 2006, section Quinzaine des réalisateurs. Côté voix, Patrick Timsit (La crise, Quasimodo del'Paris, Quelqu'un de bien). Le film qui sort pendant les vacances de la Toussaint devrait remporter un grand succès public, comme les deux autres dessins-animés précités. Pas de gros concurrent comme Harry Potter, une presse élogieuse. Que de demander de mieux ?
L'idée du film Azur et Asmar
Michel Ocelot : "faire un long métrage en dessin animé, c'est consacrer six ans de sa vie à un sujet. Il faut que cela en vaille la peine. Le sujet qui me tenait le plus à coeur. D'une part, tous ces gens qui se détestent - ils ont été élevés comme cela -, qui se font la guerre, d'autre part, les individus, des deux côtés, qui ne suivent pas, et qui s'estiment, s'aiment au-delà des barbelés. 'est cela qui me touche au plus profond. J'ai d'abord pensé à la France et l'Allemagne, mais on l'a déjà tellement fait, et nous sommes désormais tellement en paix, que je n'ai pas eu envie de revenir à ce passé lamentable et révolu. J'ai envisagé ensuite d'inventer un pays ennemi, avec une fausse langue étrangère. Inventer un pays ennemi, quelle triste idée ! Inventer une langue fausse, quelle mauvaise idée, cela se repère, et une vraie langue c'est tellement plus intéressant ! Et j'ai pensé à la vie quotidienne, en France, et dans le monde. Il ne s'agissait plus de traiter d'une guerre déclarée, mais d'une animosité ordinaire, entre citoyens de souche et citoyens récents, et, poussant plus loin, mais parallèlement, entre occident et moyen-orient. J'avais mon sujet ! Une réalité brûlante, à traiter en conte de fée merveilleux. J'observe, avec tristesse, et agacement, la mauvaise entente ambiante, qui est artificielle. Je connais le sujet, j'ai été moi-même bêtement hostile, au lieu d'être heureux : en effet, après une enfance africaine dans une petite ville, une petite école, je me suis retrouvé dans une grande ville, dans un lycée-usine, sous un ciel gris. Je ne connaissais pas les codes, j'étais souvent puni, tout en étant le plus innocent de l'établissement."
La barrière de la langue
Michel Ocelot : "j'ai pensé dès le début à l'obstacle des langues, car je voulais montrer l'état d'émigré, où la barrière du langage est une difficulté majeure. iAnsi, dans certains passages, je ne cherche pas à faire comprendre, pour qu'on se sente un peu perdu. aMis la plupart du temps, j'alterne les deux langues dans le dialogue, et une réponse renseigne sans équivoque sur la question. Je trouve aussi que cette absence de sous titres est une élégance... Et c'est également un cadeau que je fais aux enfants, entendre plusieurs langues. Je pense que c'est un évènement sonore séduisant"
Par zoom-Cinema.fr le 25 octobre 2006.


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