La mort dans la peau (6 / 10)
Après une première partie qui suit le commandante dans la révolution cubaine, Soderbergh nous dresse de manière asymétrique son versant bolivien. Mais c'est l'échec qui attend "Ramone" et ses guérilleros, et le réalisateur nous l'annonce d'entrée de jeu.
On suit donc cette révolution morte-née dans une étouffante jungle bolivienne et la désillusion croissante des hommes, livrée avec justesse par le cinéaste qui sait faire ressortir l'oppressante atmosphère accompagnant le groupe durant tout le long-métrage, qui nécessiterait cependant quelques minutes de coupes, au milieu surtout. Plus intéressant que le premier volet dans le sens ou il nous conte un passage moins connu de la vie du Che, Guerilla, austère et anti-spectaculaire au possible, semble comme l'ombre du premier film. Figure de plus en plus christique au fil des minutes, Guevara semble ne plus rien contrôler et s'ennuyer, comme le spectateur, perdu dans la jungle d'un pays étranger. Del Toro, massif de bout en bout, permet toutefois au film de ne pas sombrer et de lui garder un semblant d'intérêt.
En réalisant une oeuvre d'un seul tenant (par exemple de 3 heures), Soderbergh aurait sans doute gagné son pari impossible, celui de dresser un portrait convaincant et passionnant du Che. Il est aussi dommage que le réalisateur ait zappé l'épisode au Congo qui était beaucoup plus sulfureux à adapter, donc plus intéressant.
Par Laurent B. le 29 avril 2010.


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