Courir après l'amour
Interview du réalisateur de Dix hivers à Venise, Valerio Mieli, réalisée par téléphone le 2 février 2012:
Zoom-Cinema :
Comment vous est venue l'idée de ce sujet?
Valério Mieli:
J'ai déjà eu beaucoup de chance. Normalement, en sortant de mon école (le centre expérimental de cinématographie de Rome), j'étais presque sûr de réaliser un court-métrage pour commencer. Finalement, mon idée de sujet a plu et une réalisation a été mise en route. J'ai surtout mis en commun un peu de mon vécu, et ce que je souhaitais voir dans le film. J'aime beaucoup la ville de Venise, même si je ne suis pas Vénitien. Il s'y passe beaucoup de choses, mais finalement, on n'en voit pas tellement au cinéma. J'ai presque 30 ans, je voulais raconter cette histoire en m'inspirant un peu de mes dix dernières années.
Zoom-Cinema :
Justement, ce couple à l'écran incarné par Isabella Ragonese et Michele Riondino semble très bien s'entendre. Il y a une véritable alchimie entre eux, est-ce que ça a été dur pour vous de trouver ce couple, ce casting parfait ?
Valerio Mieli :
On a effectivement mis beaucoup de temps à trouver le casting. Et également à mettre en place le scénario. Mais finalement, nous étions une équipe assez jeune pour encadrer le film, ça a facilité les choses.
Zoom-Cinema :
Comment était l'ambiance à propos, sur le tournage ? Entre les acteurs, avec l'équipe technique ?
Valerio Mieli :
C'était le premier film pour beaucoup d'entre nous. On étaient issus de la même promotion à l'école. En plus, on était tous assez jeunes, ayant moins de trente ans. L'ambiance était sympa, mais le tournage était compliqué, notamment pour le côté financier. Cela coûte très cher de tourner à Venise.
Zoom-Cinema:
Une anecdote de tournage à nous confier ?
Valerio Mieli:
Le froid était vraiment un obstacle pour nous ! Le matin on arrivait presque saouls parce qu'on buvait de l'alcool pour se réchauffer. C'est aussi très dur de tourner à Venise car l'eau monte dans cette ville. Lorsqu'on a tourné sur la Place Saint-Marc, on avait de l'eau jusqu'aux chevilles !
Zoom-Cinema:
Sans dévoiler la fin du film aux internautes qui ne l'ont pas encore vu, on peut au moins dire que le film se passe sur dix hivers ! Avez-vous imaginé ce qu'il se passerait après ?
Valerio Mieli :
Non, je ne me suis pas projeté pour les hivers 11 et 12 ! J'imagine qu'avec les deux caractères des protagonistes, l'avenir ne sera pas facile mais je ne dévoile rien !
Zoom-Cinema:
C'est un premier film pour vous, et une sacré réussite. Le film a été bien accueilli par la critique, surtout italienne, et a déjà reçu de nombreux prix (Prix du meilleur réalisateur émergent notamment). Dans quel état d'esprit vous trouvez-vous aujourd'hui ? Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Valerio Mieli:
C'est une vraie surprise. Je ne m'y attendais absolument pas. Je vois l'avenir avec moins d'appréhension, je me dis que mon second film sera moins difficile.
Zoom-Cinema:
Justement vous avez des projets sur lesquels vous travaillez déjà ?
Valerio Mieli:
Je suis sur deux projets en même temps, un projet de film italien, qui parle d'amour, et qui sera peut-être plus adulte que Dix hivers à Venise.
Et un autre, plus ambitieux, plus européen. J'aimerai donner une vraie place à la France, dans ce projet, car j'aime beaucoup ce pays, ma mère est française. Il me faudra une base française pour ce film européen.
Zoom-Cinema:
Vous restez du côté de la réalisation, le métier d'acteur ne vous attire pas ?
Valerio Mieli :
Non, moi c'est vraiment le côté technique, la réalisation. J'aime aussi beaucoup la photographie, mais je ne me sens pas d'être acteur.
Par Héloïse B. le 3 février 2012.


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