Face au vide (5 / 10)
Vendu et promu pendant des semaines comme un film type block-buster, Dos au mur aurait plutôt du nous être murmuré pour être apprécié à sa juste valeur : un film modeste sans grande ambition qui a quand même le mérite d'être efficace.
Le réalisateur d'un (et unique) documentaire, Asger Leth, est aux commandes d'une grosse production, mêlant les genres thriller et policier en plein New-York, gros clin d'oeil aux films d'antan, polars des années 70-80 où la ville est un personnage à part entière.
Mais ici, le réalisateur ne se sert absolument pas du centre ville, où seul l'immeuble et la rue font office de décor, un huit-clos grandeur nature qui ne peut fournir tout son potentiel, puisque le réalisateur ne se sert que de ce plan vertigineux pris sur la corniche, efficace la première fois, mais indigent par la suite.
Une intrigue simple, un flic arrêté et emprisonné à tort lutte seul (?) contre un système corrompu. Sam Worthington qui ne nous éblouit pas par son talent depuis ses débuts, n'arrive toujours pas à impressionner - normal, la motion-capture est absente du film. Mais il faut reconnaître que son faciès de chien battu lui permet de passer les 1H40 aisément. Quant aux seconds rôles, tout le monde y met du sien, Elizabeth Banks est convaincante, Ed Harris ne peut malheureusement exprimer tout son talent, mais en impose naturellement, Jamie Bell, Anthony Mackie, William Sadler restent de bons piliers.
Tout ceci rattrape de justesse les fautes de timing, le manque de tension (scène de la course poursuite) les situations brandilocantes (l'effraction de l'immeuble) et invraisemblables (le saut de l'ange de la fin).
Un film sans grande envergure, mais commercialisé comme tel, dommage car il est et reste un film divertissant, point.
Par E.D le 20 June 2012.
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