Hustle and Flow
Critique du film

Affiche miniature du film Hustle and Flow Affiche du film Hustle and Flow
 


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Ciné : 7 December 2005

Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Américain

Contes et légendes de la terre du sud (7 / 10)

Prenant en toile de fond les mouvements hip-hop du sud des Etats Unis dans les années 2000, Hustle & flow demeure un étonnant petit film bien réalisé, ancré dans le contexte de l'explosion dirty south tout en demeurant plutot humble et terre à terre. Le rap du sud est le décors du film basé à Memphis, mais il sert avant tout à raconter un bout de la vie de DJay et ses acolytes.

Hustle & flow est avant tout une chronique sociale, celle du classique petit loubard de quartier, loser malgré lui, qui retrouve de vieux amis et remet à jour un projet oublié de musique pour tenter de s'extraire de sa condition latente.  C'est bien sur un chemin classique pour beaucoup dans l'histoire du rap, mais le scénario en lui même demeure intéressant et véritablement réussi, sauf peut être sa seconde moitié, plus classique. L'intérêt de Hustle & flow vient surtout des scènes présentant l'Amérique du dirty south et ses bas côtés : la caméra dresse un paysage immersif et désespéré, des banlieues déglinguées et leurs tôles brulant sous le soleil, qui abritent une pléthore de parias, de gens sans lendemain (si ce n'est aller tapiner dans une Buick sans air climatisé ou vendre de la mauvaise herbe aux jeunes du coin). Un autre regard sur le déni du rêve américain et ses travers, bien présenté par sa photographie transpirant la moiteur et la poussière du sud, les images rappelant en même temps beaucoup celles de Detroit dans 8 mile. Volonté de montrer qu'en dix ans d'écart rien n'a changé ?

Dommage cependant, quand il y a matière à creuser, que le tout demeure par moment franchement consensuel et jamais exploité jusqu'au bout. Terrence Howard joue de manière convaincante, mais de manière un brin caricaturale.  DJ Qualls apparaît dans un rôle de petit blanc comique de service, pas vraiment sérieux mais un peu plus que dans Road trip. Taryn Manning et Taraji P. Henson composent un duo féminin solide, bien qu'un peu versé dans le cliché de la princesse et de la souillon.

Hustle & flow, même avec une belle photographie et une bande son plutôt pêchue, demeure un erstaz de success story à la 8 mile, en moins réussi. Pas bling-bling ni m'as tu vu, mais un peu à coté de ses pompes quand même, le film aurait gagné à être plus concis dans sa seconde moitié, et alléger un peu les clichés fatalistes sur la rue. Même s'ils existent, il aurait été plus intéressant de travailler les rapports de DJay à son entourage d'une autre manière que par les phases amour/haine qui font pourtant la réussite du personnage mais alourdissent le jeu de l'acteur. Craig Brewer retiendra ses erreurs en livrant par la suite l'excellent Black snake moan, qui reprend tout ce qui sonne juste ici en le portant au niveau supérieur.

Par Laurent B. le 16 April 2010.

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