La chambre des officiers
Critique du film

Affiche miniature du film La chambre des officiers Affiche du film La chambre des officiers
 


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Ciné : 26 September 2001

Genre : Guerre.
Nationalité : Français

Critique du film La chambre des officiers (7 / 10)

LA VIE ET RIEN D'AUTRE

"La chambre des officiers" demeure une admirable fresque de ces "oubliés" de la guerre aux visages affreusement mutilés. D'après le roman de Marc Dugain, François Dupeyron filme un sujet délicat parfois douloureux. Son film est fort, chargés d'émotions antagonistes et contradictoires, entre horreur et compassion.La caméra suit très largement le regard d'Adrien (Eric Caravaca) pour se glisser dans la peau du héros et sentir les sentiments analogues à ceux du jeune officier. Le spectateur découvre ainsi habilement le visage sacrifié d'Adrien en même temps que ce dernier.Le zoom passe fortuitement à la troisième personne, soulignant l'horreur de la guerre. François Dupeyron prend soin de ne rien édulcorer, chaque détail a son sens. Les femmes ont toutes un rôle bien déterminée. L'infirmière Anaïs (Sabine Azéma) incarne par sa douceur et sa tendresse la maternité. La comédienne est très émouvante, généreuse et tellement franche dans son interprétation.Clémence (Géraldine Pailhas) est la femme infidèle dont Adrien va s'éprendre. Quant à Marguerite (Isabelle Renauld), elle représente la femme mutilée sans lendemain. Sans omettre les nièces, la sœur et la mère d'Adrien, la prostituée dans la maison close. Toutes ces femmes dénoncent la guerre et ses sacrifices, se désolent de ce recours à la violence pour que les hommes s'entendent. La virilité se manifeste aussi grâce aux compagnons de chambré. Les personnages d'Henri et Pierre sont d'une dignité admirable en dépit de la peur et de la honte de soi-même.Comme Adrien, ils doivent désormais mener leur propre guerre : s'accepter. Repoussants et effrayants au début, ils finissent par être attachants et exemplaires grâce à la sérénité et aux miracles du chirurgien émérite interprété par l'implacable André Dussolier.Le film s'inscrit dans une croisade de reconquête de l'humanité en pleine guerre et tourne au ridicule les autorités politiques de l'époque. La caméra est clairvoyante, anticipe même sur les réactions du spectateur. Et le réalisateur fait parti de cette génération de cinéaste ne voulant plus faire le récit héroïque et manichéen d'une guerre mais plutôt se focaliser sur un point très précis. Ici, ce sont les mutilés du visage. Bref, avec "La chambre des officiers" Dupeyron réussit la greffe idéale entre un cinéma à la plastique irréprochable et une histoire très personnelle. Du très grand cinéma.

Par zoom-Cinema.fr le 25 September 2001.

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