Secret de tournage du film La porte des secrets
Les influences du réalisateur Iain Softley : ROSEMARY'S BABY, ANGEL HEART, NE VOUS RETOURNEZ
PAS
Iain Softley : "Certains de mes films favoris - ROSEMARY'S BABY, ANGEL
HEART, NE VOUS RETOURNEZ PAS - sont des thrillers psychologiques. Le script de LA PORTE DES
SECRETS se rattache à cette veine. Il est à la fois habile, divertissant et très riche sur le
plan thématique. J'ai voulu que ce film s'ancre dans la réalité, qu'il ne verse pas dans
l'hyper stylisation ou le pur gothique, qu'il exploite au mieux l'ambiance et les saveurs de
cette région. Ce qui me plait et continue de me hanter dans des films comme celui-ci, c'est
l'idée que de tels univers peuvent encore exister de nos jours. Je crois que le public aime à se
faire peur au travers d'histoires qui traitent de notre monde et de notre époque. LA PORTE DES
SECRETS est un scénario accrocheur, dont chaque page s'imprègne de l'ambiance de La
Nouvelle-Orléans et du Sud profond. Il aborde aussi de façon originale la question de la
vieillesse à laquelle nous avons parfois du mal à nous confronter. Enfin, j'ai toujours été
attiré par les films d'horreur psychologique, parce qu'ils mettent en question nos perceptions
et exploitent un ressort privilégié de la peur : l'imagination. Une chose imaginée est souvent
bien plus effrayante qu'une chose représentée."
Kate Hudson,
enceinte
Iain Softley : "Kate a été notre premier choix pour le rôle de
Caroline. Lorsqu'elle se retrouva enceinte, nous n'avons pas hésité à repousser le tournage de
près d'un an, jusqu'à ce qu'elle soit en mesure de reprendre le travail. Cela se révéla le bon
choix, car je pense que la naissance de son bébé lui a donné un supplément de maturité et
d'expérience qui a enrichi son apport au film."
Kate Hudson : "Caroline
est une fille sérieuse. C'était déjà un bon point : j'étais dispensée de sourire dans chaque
plan! C'est une jeune femme solide, pleine de curiosité et dotée d'un esprit rationnel. Il en
faut beaucoup pour l'amener à questionner ses convictions scientifiques. Or rien dans cette
aventure n'est totalement incroyable ou invraisemblable. Cela rend les événements d'autant plus
troublants et porteurs d'interrogations. J'ai adoré exécuter mes propres cascades. Je pense
même que le chef cascadeur a été surpris par mon excellente coordination ! Au fil des jours,
j'ai escaladé une façade et cassé des vitres, j'ai rampé dans la boue, j'ai subi des averses
torrentielles et me suis écorché les genoux avec toute l'ardeur de la gamine éprise de foot que
j'étais jadis. J'ai adoré cela : rentrer chez soi et pouvoir exhiber ses "blessures de guerre",
quelle fierté et quel bonheur !"
Une variété de magie, le
Hoodoo
Le monde mystérieux de LA PORTE DES SECRETS tourne autour d'une
variété locale de magie, le "hoodoo" (littéralement : la guigne, la poisse), qui se pratique
encore dans certains bayous et zones reculées. On se gardera de la confondre avec son
quasi-homonyme, le vaudou, religion introduite à La Nouvelle-Orléans par des esclaves haïtiens au
début du XIXème siècle et qui y devint si populaire que l'Église dut en bannir la pratique dans
l'enceinte de la ville.
Le pratiquant lance un sortilège (le "trick" ou "fix")
pour se soigner, se protéger, obtenir une faveur et, parfois, nuire aux autres. Il se sert de
plantes, huiles et épices, ossements, chandelles magiques et gris-gris, dans des cérémonies
rituelles, accompagnées de musique. La pratique est solidement implantée dans cette région où les
religions se fécondent mutuellement et où l'omniprésence tangible des morts (inhumés dans des
cryptes à ciel ouvert, en raison de l'extrême humidité du terrain) favorise les superstitions.
C
ette plongée dans le monde ténébreux de la guigne entraîna de nombreuses
recherches, tant pour le scénariste que pour le réalisateur, les producteurs, le chef décorateur
John Beard et le décorateur de plateau Beauchamp Fontaine.
Les
lieux de tournage
Après avoir consacré trois semaines de travail aux scènes
de la lantation Devereaux, Softley et son équipe investirent La Nouvelle-Orléans pour en capter
l'ambiance à nulle autre pareille.
Une musique omni-présente
La musique, omniprésente à La Nouvelle-Orléans sous les formes les plus diverses, du gospel au
blues et au hip-hop, constitue à la fois une histoire orale de la ville et un ferment culturel
pour ses habitants. Softley et son équipe ne négligèrent aucune occasion de capter cette riche et
intense vie musicale, en tournant notamment dans deux célèbres cabarets : le Half Moon Club et le
légendaire Maple Leaf Club.
Un scénariste de choix : Ehren Kruger (The
ring)
"J'ai eu envie d'écrire une histoire de fantômes "à
l'américaine", qui se démarquerait des traditions du genre", explique le scénariste Ehren
Kruger (THE RING - LE CERCLE). "Le Sud des États-Unis, à commencer par la Louisiane, est un
milieu très particulier, purement américain, un véritable melting-pot culturel. Par ailleurs,
l'une des originalités de cette histoire tient à ce que le spectateur s'interrogera longtemps
sur sa vraie nature : s'agit-il ou non d'une histoire de fantômes? À cela s'ajoute un ressort
humain abondamment exploité par la littérature et le cinéma gothiques : le désir de savoir ce qui
se cache derrière une porte interdite. J'ai éprouvé moi-même cette pulsion très répandue en
écrivant le film ; comme Caroline, comme le spectateur, j'avais réellement envie de savoir ce
qui se cachait dans ce grenier!" L'idée d'inscrire un thriller surnaturel dans un décor
contemporain séduisit immédiatement le réalisateur Iain Softley.
Par zoom-Cinema.fr le 3 août 2005.


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