Merci pour le chocolat (8 / 10)
Tout comme Pierre Salvadori, Jean-Pierre Améris voue une admiration pour Ernst Lubitsch. Sa mise en scène rigoureuse fait la part belle à un univers rétro, dans la droite lignée du Fabuleux destin d’Amélie Poulain.
Le cinéaste dispose d'un scénario bien construit et limpide, renvoyant chaque spectateur à des scènes qu'il a lui-même vécu : qui n’a jamais été à cours de sujet de conversation lors d’un dîner en tête à tête ? Qui n’a jamais été paniqué lors d'un entretien d'embauche ?
Subtil et raffiné, attachant avec ses personnages lunaires et désuets, Les émotifs anonymes émeut par la sincérité désarmante de ses héros (""Je n’ai pas de problème avec les femmes. Elles me terrorisent, c’est tout.").
Au delà de ses qualités artistiques, le long-métrage vaut surtout le détour pour la prestation de Benoît Poelvoorde.
Une véritable leçon de comédie, tant l'acteur ose montrer ses failles (déjà entrevues dans Coco avant Chanel), tout en conservant son incroyable instinct comique. Derrière l’humour affleure l’émotion.
Un sens du timing parfait. Éblouissant par la gestion magistrale des ruptures (la scène du téléphone qui sonne au moment de l'entretien). Son interprétation justifie à elle seule le déplacement.
Bouleversant, et sans fausse note : le charme opère de bout en bout.
Par Hervé le 29 December 2010.
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