Critique du film Les Noces rebelles (7 / 10)
LES SENTIERS DE LA FRUSTRATION
Il ne demeure guère étonnant que Sam Mendes ait voulu adapter le roman éponyme de Richard Yates. Le cinéaste interroge les valeurs de l’Amérique, à la manière de la Desperate Housewives, allant au-delà des apparences. Une façade de bonheur (la belle maison, le couple uni), qui vole en éclat, comme dans American Beauty du même réalisateur. Le modlèe social en prend un coup au passage. Dans les rôles principaux Léonardo DiCaprio et Kate Winslet forment un couple plus que convaincant, tout en émotion retenue, où l’on frôle à chaque instant le point de rupture. Oscillant entre rancœur et abnégation pour l’être aimé. Ils font tout le sel de ce film obsédant et maitrisé.
Les Noces Rebelles
S'est-on déjà demandé si le rêve américain pouvait ne pas être si parfait ? En tout cas, Richard Yates, oui.
Dans son oeuvre, "Fenêtre panoramique", il brosse le portrait d'une Amérique ; Celle d'un couple de jeunes rêveurs dont les rêves se transforment en cauchemars, où les envies d'ailleurs et de renouveau s'évaporent pour ne laisser que regrets et remords.
Le couple : Léonardo Dicaprio et Kate Winslet ; C'est d'abord une alchimie évidente. A l'écran, ils illustrent à merveille la somme de l'homme refoulant ses désirs et de la femme cherchant à réaliser les siens. Lorsque ces désirs deviennent obsessions, tout bascule. Le film nous offre deux acteurs brillants et intenses au sommet de leur carrière.
La caméra s'enferme dans la demeure du couple à l'image de ce dernier qui s'enferme dans la vie quotidienne, la routine, le malaise. Parce qu'il s'agit de malaises tout au long des deux heures de film : le malaise d'une femme qui aspire à devenir quelqu'un d'autre, ou quelqu'un, tout simplement. Puis, le malaise d'un homme qui cherche qui il veut être. Brisant les conventions d'un monde étriqué, le couple gêne ceux qui les entourent. L'impression d'étouffement est omniprésente, ajoutée à cela, l'impression que quelqu'un n'est pas à sa place. Le pouvoir d'empathie se révèle puissant grâce à la caméra de Sam Mendes qui décidément se plait à filmer la détresse de M. et Mme tout le monde en plein virage dans leur vie (Dans American Beauty). On n'arrive à respirer que lorsqu'on est à l'extérieur.
Pour ajouter à cette tention un degré de dramatique, le réalisateur retrouve Thomas Newman pour la bande originale. La musique accompagne et accroît alors le vertige dans lequel spectateurs et acteurs sont plongés.
Bouleversant.
Tiffany
Par zoom-Cinema.fr le 21 janvier 2009.


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