J'ai toujours rêvé d'être un gangster (7 / 10)
Au niveau réalisation, Richet progresse. Après le semi-docu assumé mais raté Ma 6T Va Cracker et le remake hollywoodien de Assaut sur le Central 13, son boulot sur son diptyque Mesrine est maitrisé, brut, bien foutu. Très classique d'accord, mais efficace.
Avec étonnement, jon suit un film qui esquive quasiment tous les braquages de Mesrine pour se focaliser sur sa vie privée, différents cuts de la vie du personnage qui travaillent sa dualité (du salaud sans gloire à l'être humain, infirme et mis à nu dans la séquence du QHS canadien) sans le glorifier vraiment ni le descendre... La bande son est très bonne, les thèmes sont lourds de tension et d'électricité dans leurs compos et accompagnent parfaitement le film. Quelques répliques anthologiques, des acteurs assez bons dans l'ensemble, bien que Cassel explose tout le monde dans le film et que Depardieu joue du Depardieu habituel.
Cela dit, le film prend énormément de raccourcis sur l'autobiographie romancée de Mesrine même, beaucoup de choses sautent et ne sont pas expliquées, raison pour laquelle on peut se retrouver pas mal largué sans avoir lu le livre en question. Le film perd parfois son rythme à cause des fils blancs qu'amènent ces différentes ellipses narratives. La fin abrupte élude un évènement important et on attend la suite en demi teinte.. Envie de cloturer l'histoire mais tellement de blancs.. Le problème de Mesrine, c'est qu'avec son "code de l'honneur du truand", l'homme a marqué beaucoup de monde qui l'a connu, et a constitué des liens très forts, en bien ou en mal. Mais dans ce film, on ne voit pas ces liens qui ont influencé le personnage : sa relation avec Guido, père de substitution et protecteur, est à peine abordée, tout comme les liens qui l'unissent à son amante Scheider ou ses amis rencontrés au Canada. Il en résulte plus un montage épileptique de tranches de vie du grand Jacques qu'un fil conducteur réel et construit, et c'est ce qui manque le plus au film pour qu'il soit un hit.
Ce premier Mesrine est un bon film au niveau en tant que portage fictionné et biopic assumé comme non réaliste, mais certainement pas une restranscription fidèle et chirurgicale de la légende de l'ennemi public numéro un. En revanche, d'un point de vue montage, malgré un manque de folie ou d'audace, le film présente une réalisation extrêmement solide soutenue par des acteurs qui crèvent l'écran. On ne peut qu'espérer aussi bien avec quelques longueurs de moins pour le second opus.
Par Laurent B. le 29 avril 2010.


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