Hautain, prétentieux, égoïste, mais c'est comme ça qu'on l'aime
Critique aiguë du capitalisme
Alors que la crise économique continue de faire des ravages, dans le domaine du cinéma, on s’empare évidemment du sujet. De Wall Street à The company Men, sans oublier Michael Moore et ses documentaires dénonciateurs, le monde de la finance est vivement critiqué. A l'image de treaders douteux comme Jérôme Kerviel ou Bernard Madoff, Michel Ganiant se croit lui aussi au dessus des lois. Milliardaire égoïste, obsédé par sa propre réussite, cet homme d’affaires interprété avec brio par François-Xavier Demaison n’a de cesse de vouloir se montrer aux yeux du monde sous son meilleur profil. Le réalisateur Stéphane Kazandijan prend un malin plaisir à dénoncer tout ce beau monde, en ne faisant pas de distinguo ; banquiers, grands patrons ou traders, tous sont coupables de ne vivre que pour l’argent, en dépit des valeurs morales.
Sur les traces du documentaire
Avec ce nouveau genre cinématographique, le spectateur est immergé entre la fiction et le documentaire. La caméra à l’épaule, une réalisation, un cadrage et un montage qui répondent aux règles journalistiques du reportage, intensifient plus encore la sensation d’être en plein documentaire. Le réalisateur alterne les genres de manière subtile, en s‘appuyant sur l’histoire du film. Car Michel G est un homme d’affaires sans vergogne qui engage un journaliste pour réaliser un reportage sur l’homme qu’il est. Ainsi, l’on passe régulièrement derrière et devant la caméra afin de mieux cerner les différents points de vue de l’intrigue.
Francois-Xavier Demaison, brillamment insupportable
L’acteur habitué aux comédies farfelues, (Disco, Neuilly sa mère, Tellement proches) campe ici un rôle fait sur mesure, pour cet ancien avocat du barreau de New-York, qui a souvent côtoyé les grands patrons. Irascible à souhait, il est aussi désopilant qu’énervant dans le personnage de Michel G. Bien loin du rôle de Coluche, qu’il tenait dans L’histoire d’un mec.
Et de trois !
Le réalisateur Stéphane Kazandijan signe ici son troisième long métrage en tant que réalisateur, après Sexy Boys en 2001, et Modern Love en 2008.
Par Héloïse B. le 12 April 2011.
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