Critique du film Nid de guêpes (4 / 10)
LE BRUIT ET LA
FUREUR
Depuis "Dobermann", "Les rivières pourpres" et "Le pacte des loups", le
cinéma hexagonal semble s'être définitivement affranchi de certains complexes vis-à-vis du
cinéma venu d'Outre-Atlantique.
Une nouvelle voie ouverte par Christophe Gans, Jan Kounen
et Mathieu Kassovitz, un septième art décomplexé qui privilégie l'action à la réflexion, sans
avoir à rougir du grand frère américain. Le second film de Florent-Emilio Siri s'inscrit dans
cet veine.
Histoire de contrebalancer les carences du scénario, le réalisateur
déploie un arsenal imposant de bruit et de fureur, soit un net pompage de "l'Assaut" de John
Carpenter ("Ghost of mars"), le talent en moins.
Cette surenchère a du mal a cacher la
vacuité d'un script et de dialogues indigents. Les seules fois où les armes se taisent, s'est
pour mieux laisser place à des échanges verbaux d'une rare platitude.
Le sommet étant
atteint par un Samy Naceri qui veut prendre sur son dos tous les torts de cette situation
infernale, à savoir un entrepôt attaqué par des assaillants déterminés.
La coalition
entre la bande issue des cités et le commando d'élite contre une cause commune apparaît alors
inéducable.
L'invisibilité des assaillants est d'ailleurs la seule bonne idée de ce
huit clos dans un fort Alamo post-moderne.
Les scènes de fusillades, certainement aussi
longue que celle de "Heat" (qui pourtant semblait imbattable en la matière), se déroule pendant
plus de 45 minutes, jusqu'à épuisement du stock. Un déluge de feu et de bruit, une violence
gratuite qui fait mal aux yeux et aux tympans. Le spectateur est sonné.
On ne peut
s'empêcher de sourire devant le pompage quasi-intégral de Siri qui a du visionner un nombre
incalculable de fois le film de son maître Carpenter. Mais peu importe. Le détournement certes
habile est loin d'égaler son modèle.
"Nid de guêpes", western urbain ampoulé par ses
références multiples (Florent-Emilio Siri lorgne largement sur "Les sept mercenaires", "Quand les
tambours s'arrêteront", "L'aventure de Poséidon" et "La chevauchée fantastique") demeure à
peine relevé par un trio d'acteurs remarquable :
Nadia Farès à la fois imperturbable et
survoltée, Pascal Grégory en placide vigile solidaire et Benoit Magimel en lascar héroïque.
- @ir-V Trocc@z -
Par zoom-Cinema.fr le 6 mars 2002.


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