Critique du film Rue des plaisirs (4 / 10)
RUE DEPLAISIR
A l'instar de "Félix et Lola", "Rue des plaisirs" met en scène une histoire d'amour particulière. Le petit Louis, interprété par Patrick Timsit, personnage tendre et attachant, est fou amoureux d'une prostituée en la personne de Marion (Laetitia Casta), insouciante, légère et naïve. Il se jure de vivre uniquement pour elle et de travailler jour après jour à faire son bonheur, en lui cherchant l'homme de sa vie. Curieuse conception de l'amour, qui n'est pas sans rappeller celui par procuration de "Cyrano de Bergerac" (de Jean-Paul Rappeneau avec Gérard Depardieu, Anne Brochet, Jacques Weber et Vincent Perez). Certains pourront y voir un personnage teinté de perversité, qui prend finalement plaisir à la voir heureuse avec un autre homme, alors qu'il en est amoureux. Mais Patrice Leconte (Tandem, Les bronzés font du ski) décline les facéties du plus bel amour qui soit : vivre au travers et pour l'être aimé, en ne se souciant que de son bonheur. Comme Félix, le petit Louis se fait aimer pour ce qu'il fait, un peu comme un grand frère protecteur. Patrick Timsit, merveilleux de tendresse et de sincérité, porte le film du début à la fin. Certes la mise en scène élégante de Leconte est toujours là : quelques beaux plans, de belles images avec des jolis costumes et de magnifiques décors, mais le film traîne en longueur. Le réalisateur de "Ridicule" en profite au passage pour rendre hommage au cinéma français des années 40-50 et à ses réalisateurs modèles dont Julien Duvivier ("Panique" - 1946). La question Casta (graine de comédienne ou pas ?) est habilement contournée par le réalisateur, qui lui demande de refléter très passivement les sentiments contrariés des hommes qui s'amourachent d'elle. Et le choeur antique des filles de joies a beau seriner au spectateur qu'il s'agit là d'une histoire triste à mourir, "Rue des plaisirs" est desservie par une histoire simple, trop simple qui ne bénéficie d'aucun rebondissement et plonge le spectateur dans un ennui profond.Par zoom-Cinema.fr le 13 février 2002.


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