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Sans laisser de traces
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Sans laisser de traces Affiche du film Sans laisser de traces
 


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Ciné : 10 mars 2010

Genre : Drame.
Nationalité : Français

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Interview avec l'équipe du film de Grégoire Vigneron : Sans laisser de traces.

Interview avec l'équipe du film de Grégoire Vigneron : Sans laisser de traces.

Benoît Magimel, François-Xavier Demaison et le réalisateur Grégoire Vigneron nous parlent de leur thriller Sans laisser de traces. Une rencontre conviviale et riche en révélations !

zoom Cinéma : Comment êtes-vous passés de la comédie au thriller ?

Grégoire Vigneron: C'est assez simple, j'ai trouvé un sujet qui m'a interéssé et j'en ai donc fait un film. J'avais envie de le faire donc je l'ai tout simplement fait. Pour moi, c'est unnouveau genre, le fond est plus sombre mais l'écriture n'est pas si différente de la comédie

zC : N'avez-vous pas eu peur d'aller dans un registre trop noir ?

Grégoire Vigneron : Non, je ne pense pas. Mon film se base sur une dimension affective et sentimentale importante qui humanise le propos du film. C'est pour cela que les femmes ont un rôle très important dans le scénario, elles apportent un point de vue plus humain.

zC : Benoît, vous jouez souvent des rôles sombres : est-ce un choix ?

Benoît Magimel : On ne m'envoie pas beaucoup de comédies alors que j'adore cela. J'aimerais me diversifier mais je ne sais pas pourquoi on m'associe toujours aux mêmes rôles. Par exemple quand je joue un voyou, l'année suivante on ne me propose que des rôles de voyous. Une fois qu'on est connu dans un registre on est enfermé. A nous de faire des choix pour ne pas être catégoriés.

François-Xavier Demaison : On est vite étiquetté. Il faut se battre pour arriver à réussir dans d'autres rôles.

zC : Pouvez-vous nous parler du personnage de Etienne ?

Grégoire Vigneron : Le personnage d'Etienne est un héro compliqué et fissuré, c'est un homme déraciné qui a peur de perdre la maîtrise.  Benoît Magimel est parfait dans ce rôle : il a un visage d'ange mais c'est un "bad boy" à l'intérieur.

Benoît Magimel : Etienne a du mal à être intégré dans son nouveau monde, il vient d'un milieu modeste et est propulsé dans le luxe.

François-Xavier Demaison : Etienne devient un homme à la fin du film, il ose avouer ses sentiments et affronter le conflit.

Grégoire Vigneron : En fait le film représente le parcours initiatique d'Etienne.

zC : Pouvez-vous nous parler de la relation entre Etienne et Patrick ?

Benoît Magimel : Au début, j'ai trouvé que la relation entre Etienne et Patrick se ressoude un peu rapidement puisqu'Etienne se confie d'emblée à lui. Mais quand je vois la scène où Etienne déjeune chez ses parents [ndlr : les parents sont d'un milieu modeste] je comprends que Patrick représente sa bouffée d'air frais : c'est le retour à la confidence pour Etienne.

Grégoire Vigneron : Etienne avait besoin de se faire entendre : le silence lui "bouffait son âme". Patrick est le double pulsionnel de Benoît. Etienne se confie à Patrick car il le renvoie avant sa faute. La rencontre avec Patrick fait sauter tous les verrous du refoulé.

François-Xavier Demaison : Etienne et Patrick ne sont qu'un seul et même personnage, ils sont les deux côtés d'Etienne, comme dans Fight Club.


zC : François-Xavier, par quel genre de rôles êtes vous attirés?

J'aime quand le rôle qu'on me propose est fondé et réfléchi, par exemple lorsque j'ai joué Coluche (ndlr : Coluche l'histoire d'un mec) j'ai dû révéler une face sombre. J'ai envie d'aller dans les bassesses humaines et de jouer les méchants, même si on m'accorde souvent des rôles de gentils.


zC : Parlez-nous des autres personnages du film :

Grégoire Vigneron : Julie Gayet est une bonne actrice, très belle et très sensible. Elle a donc un peu de mal a rentrer dans son rôle de "femme pas si sensible que ça".
André (le personnage d'André Wilms) est la victime mais on ne l'aime pas, il est aigri, antipathique : c'est un Klaus Barbie. Ce personnage fait peur, en le tuant Patrick représente l'inconscient d'Etienne, ce qui remet les choses à plat.


zC : Pourquoi avez-vous choisit un décor épuré ?

Grégoire Vigneron : J'ai voulu montrer l'idée du dépouillement dans une esthétique de luxe. Le personnage d'Etienne étant quelqu'un de perdu et de vide, j'ai voulu le retranscrire sur les décors. Le choix de tourner dansla ville de Bruxelles est réfléchi puisque l'architecture est faite de lignes graphiques. En plus, je suis un peu mal à l'aise avec les décors trop fournis.

Secret de tournage :

Le rêve des dents :

Une des scènes du film représente le personnage d'Etienne rêvant qu'il perd ses dents en plein discours. Cette scène s'inspire d'un rêve du réalisateur, qui avait prévu de la rendre beaucoup plus "gore" : en plus de ses dents, Etienne devait perdre un morceau de machoir !

La scène du meurtre :

Lorsque Patrick éclate une bouteille sur la tête d'André il utilise en réalité une bouteille faite en sucre pour ne pas blesser le cascadeur. Mais le cascadeur s'est quand même fait mal lors du tournage : le sucre était trop résistant !

Le vertige de François-Xavier Demaison :

Un des principaux problèmes de François-Xavier Demaison durant le tournage ? Le vertige !
Malgré ses réticences à se retrouver en haut d'un immeuble de plusieurs étages, François-Xavier Demaison n'a pas hésité à tourner la scène plusieurs fois de suite.

Par Florence B. le 3 mars 2010.

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