Un soufflet qui tombe à plat (6 / 10)
Margot
et Lou forment un couple de jeune mariés heureux. Jusqu'à ce que
Daniel, le beau voisin débarque dans la vie de la jeune épouse.
Le personnage de Margot est complexe. Quand on croit l'avoir cerné, voilà que de nouveaux éléments viennent troubler nos esprits. Elle nous apparaît amoureuse mais coincée dans une vie qui l'ennuie, étouffée par ses propres peurs, pas vraiment stimulée par son job. Sa belle-soeur est une ancienne alcoolique et son mari s'évertue à cuisiner du poulet pour ses livres de cuisine : rien de bien palpitant en somme. Tout change à l'arrivée du beau Daniel, le voisin, étrange personnage, artiste qui conduit un pouce-pouce en plein Toronto et qui va faire tomber le personnage de Margot pour lui.
Même si le sourire apparaît inéluctablement à la vue de ces scènes quotidiennes que sait magistralement capter la réalisatrice, même si on rit (le pipi dans la piscine), même si les personnages sont attachants (Seth Rogen jamais vu en mari gnan-gnan) le soufflet tombe à plat à la fin. On subit l'éternel cercle vicieux que vit l'héroïne, à la vie monotone, qui tombe inopinément sous le charme du bellâtre, qui décide après avoir (trop) longtemps réprimé ses sentiments de vivre sa vie comme elle l'entend pour finalement revenir à la case départ – avec cette même peur du vide qui recommence à l'entourer une fois que tout est à nouveau stable dans son quotidien.
C'était bien parti. C'était doux, nonchalant, finement mis en scène, d'un érotisme étourdissant. Et ça a dérapé. Polley emprunte de toute évidence le mauvais chemin en fin de course et perd maladroitement malgré un parcours plutôt habile.
Par Tiffany le 18 June 2012.
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