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Affiche miniature du film Two Lovers Affiche du film Two Lovers
 


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Ciné : 19 novembre 2008

Genre : Drame.
Nationalité : Américain

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Secret de tournage du film Two Lovers

Secret de tournage du film Two Lovers

Le dernier film de Joaquin Phoenix ?

Two Lovers marque les retrouvailles entre Joaquin Phoenix et James Gray après La nuit nous appartient et The Yards. Joaquin Phoenix est un fidèle du cinéaste. Il a annoncé qu'il allait se consacrer désormais entièrement à la musique. Two Lovers constitue par conséquent un évènement : il pourrait s'agir du dernier film de Joaquin Phoenix, avant une carrière musicale que l'on espère tout aussi florissante.

Musique

Le héros incarné par Joaquin Phoenix écoute beaucoup l'opéra. Inutile cependant de chercher une quelconque bande-originale du film, elle n'a jamais été publiée. Ce qui ne lous empêche pas de vous mentionner quelques morceaux présents dans ce sublime long-métrage, si vous êtes comme nous inconditionnels de ce chef d'oeuvre signé James Gray :

- Moby : "I Love to Move In Here" pour la scène de la discothèque

- Les morceaux d'opéra : 1er morceau : Cavaleria Rusticana de Mascagni -  2ème : Turandot de Puccini - 3ème : Una furtiva lagrima de l’Elixir d’amour de Donizetti

- et surtout notre titre préféré, précédant la scène du restaurant : Henri Mancini signe cette superbe musique aérienne titrée Lujon, déjà employée dans le film Mr Luky et Mr Luky.

La direction d'acteurs

James Gray explique comment s'est déroulé le tournage de Two Lovers : "sur le plateau, la relation entre Joaquin Phoenix et moi est parfois assez orageuse. Joaquin est toujours à fond dans son rôle. Quand il doit jouer une dispute dans une scène, il est aussi en colère que son personnage, et si c’est une scène pleine de tendresse il est adorable avec tout le monde, ce qui était souvent le cas sur ce film." Le réalisateur ajoute : "Joaquin Phoenix est brillant, et c’est un acteur qui travaille beaucoup et très dur. Il est toujours en train de demander ce qu’il peut apporter, quel détail il peut ajouter pour qu’une scène ait l’air plus vraie. J’essaie donc toujours de trouver le petit détail en plus, la nuance qui rendra sa performance unique."
Pendant le tournage, James Gray et Joaquin Phoenix passaient leurs week-ends à répéter et parler pendant des heures des scènes de la semaine à venir. James Gray commente : "Joaquin Phoenix est très concentré sur son personnage. Il ne regarde pas les films qu’il fait une fois fini parce que son travail d’acteur, la création même, est ce qu’il y a de plus important pour lui. En un sens, c’est un véritable artiste parce qu’il ne se soucie pas de ce que les gens vont penser de sa prestation et de son personnage. C’est extrêmement rare."
Le réalisateur confie : "quand Joaquin Phoenix et Gwyneth ont joué ensemble leurs premières scènes, j’étais un peu inquiet parce que leurs techniques sont très différentes. Joaquin aime improviser et faire plusieurs prises. Il aime être libre, essayer de nouvelles choses, laisser libre cours à l’inspiration du moment. De son côté, Gwyneth est extrêmement précise, elle aime tourner une scène en deux ou trois prises maximum. Aucune des deux techniques n’est meilleure que l’autre. J’aime bien les deux mais elles sont très, très différentes. Le mélange est étrange, mais passionnant."

Le tournage


Les prises de vues ont commencé début novembre 2007 et se sont achevées juste avant Noël. Le tournage s’est déroulé à Manhattan, à Brooklyn et dans le Queens. Plusieurs des lieux célèbres de New York se retrouvent dans le film, comme Central Park, le Metropolitan Museum of Art, Lincoln Plaza et Coney Island. Début décembre, l’équipe s’est installée dans un immeuble d’appartements – celui où vivent Leonard et Michelle. Pendant trois semaines, les acteurs et l’équipe technique ont tourné dans des espaces clos encombrés de meubles et de matériel, afin de réaliser la plus grande partie des scènes d’intérieur. Le planning de tournage était très serré et il y avait beaucoup de choses à faire en peu de temps, mais James Gray et ses collaborateurs ont travaillé vite.

Un directeur de la photo fidèle


Two Lovers est le second film sur lequel James Gray travaille avec le directeur de la photo Joaquin Baca-asay, après La Nuit Nous Appartient. Les deux hommes ont commencé par étudier ensemble des peintures afin de préciser l’esthétique du film. James Gray explique : "nous voulions créer une certaine dynamique visuelle à travers les mouvements de caméra, un certain lyrisme. Je recherchais la beauté dans la banalité. Et parce que l’histoire possédait déjà des éléments fantastiques, je voulais aussi quelque chose de très pragmatique, presque naturaliste. L’amour en lui-même tend à être une expérience fantastique, parce que c’est un état plus intense, et sous cet aspect, l’histoire faisait déjà une partie du travail."

Faire à nouveau équipe avec Joaquin Baca-asay a aidé l’équipe à tourner dans les conditions difficiles qui étaient celles imposées par le tournage. "A présent, explique James Gray, Joaquin et moi nous connaissons si bien que l’un est capable de finir les phrases de l’autre. Il fallait penser vite, agir vite. Quand une scène ne fonctionnait pas, on devait trouver la solution immédiatement. C’est très difficile, mais c’est aussi libérateur en un sens... Il n’existe pas d’art sans discipline. Réfléchir vite et décider rapidement, faire en sorte que les choses marchent est devenu un exercice dans lequel nous excellions !"

James Gray déclare : "Sur Two Lovers, j’ai pu lâcher un peu de lest en tant que réalisateur. Quand j’ai fait mon premier film, j’étais extrêmement précis quant aux placements de caméra, aux objectifs à utiliser, au type de pellicule... A présent, j’ai appris qu’il y a un flux et un reflux dans le processus de création, qu’il y a un moment où vous avez besoin que votre directeur de la photo vous donne de bonnes idées et influence ce que vous faites."

James Gray confie : "j’aime être surpris par ce qui se passe sur le plateau. Si l’on me demande si je veux voir ma vision à l’écran, je réponds « Surtout pas ! ». La dernière chose que je veux voir dans le film terminé, c’est mon idée, ma propre vision des choses, parce que cela voudrait dire que j’ai été incapable de travailler en équipe, de tirer le meilleur des gens qui m’entourent, de collaborer. J’ai envie que tous ceux qui travaillent sur le film y contribuent. Le directeur de la photo y apporte quelque chose ; le cadreur, le décorateur, le producteur peuvent vous donner d’excellentes idées, et bien sûr les acteurs, qui vous offrent des choses merveilleuses. Ce serait idiot de ne créer que la vision que vous aviez imaginée et uniquement elle, quand vous pouvez créer quelque chose de meilleur encore grâce à l’apport des autres !"
Observer James Gray en train de travailler conduit forcément à assister à au moins l’une de ses explosions de rire dont parlait Gwyneth Paltrow. Le réalisateur explique : "je ris quand je vois des choses que j’aime, qui me semblent authentiques et honnêtes et auxquelles je ne m’attendais pas. Le comportement humain est très amusant, très caractéristique et assez ridicule... Un grand réalisateur, Ernst Lubitsch, a dit que même la personne la plus digne était ridicule au moins deux fois par jour. C’est de cela que parlent les films. Ils montrent la personne la plus digne pendant ces moments-là, parce qu’ils parlent des extrêmes du comportement humain. Les gens disent qu’ils veulent du réalisme, mais le réalisme en soi n’est pas intéressant. Ce qu’ils veulent vraiment, c’est un état d’existence plus intense. C’est cela, le cinéma.
"

Par zoom-Cinema.fr le 19 novembre 2008.

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