Secret de tournage du film Un aller simple pour Maoré
Quelques repères
A rebour de 2009 à 1946… une histoire revisitée :
- En mars 2009, une consultation de la population de Mayotte est prévue en vue de la
départementalisation de ce territoire. L’île est actuellement inscrite dans deux
constitutions : comme collectivité départementale d’outre mer dans la constitution
française et comme partie intégrante de l’Union indépendante des Comores.
- Début de semaine banal à Mayotte : les 19 et 20 Octobre 2008, sept kwassas sont
interceptés par la Police aux Frontières pour un total de plus de 200 passagers dont une
dizaine d’enfants. Ils sont transférés au centre de rétention de Pamandzi conçus pour
acceuillir 60 personnes avant reconduite à la frontière.
- En 2007, plus de 160 kwassas sont interceptés. Ces barques de pêche bondées qui
permettent aux comoriens de traverser clandestinement les 70 km de mer qui sépare
Mayotte de Anjouan, constituent pour eux le seul moyen de s’y rendre. Les naufrages sont ombreux et meurtriers. Depuis 1994, on estime le nombre de morts à plusieurs
milliers…
- Le 12 novembre 1975, admission de l’état des Comores composés des quatre îles
Mohéli, Anjouan, Grande Comore et Mayotte aux Nations Unies.
- Le 6 juillet 1975, l’anjouanais Ahmed Abdallah déclare unilatéralement l'indépendance de la République fédérale islamique des Comores.
- 1973 - 1975, la France propose un référendum à l’issue duquel elle déclare conserver l’une des quatres îles comoriennes Mayotte française, puisque la majorité de ses habitants se sont prononcés contre l’indépendance. Elle viole ainsi les règles de droit international sur la conservation des frontières des états décolonisés. Suivront 21 condamnations du gouvernement français par l’assemblée générale de l’ONU.
- 1973 - 1975, des milices armées sont mises en place par les notables mahorais et
français pour terroriser les populations de l’île de Mayotte, et les contraindre à voter
pour la France.
- 1946, les Comores ne sont plus rattachées administrativement à Madagascar et forment une entité administrative sous tutelle française.
Genèse
Agnès Fouilleux, réalisatrice, nous explique la genèse du film : "l’idée de ce film est partie du fait que personne ne parle de ce qui se passe aux Comores, ou alors de façon superficielle et très incomplète. On parle peu de toutes ces personnes qui meurent noyées dans la traversée entre l’île d’Anjouan et de Mayotte, les milliers de « morts Balladur » comme on les surnomme là-bas, on n’évoque jamais les 21 condamnations de la France par l’ONU depuis 1975 pour non respect du droit international, et encore moins de la chasse actuelle faite à des clandestins qui sont en réalité sur leur propre territoire ! A tel point que même les fonctionnaires nommés là-bas peuvent vivrent plusieurs années à Mayotte sans vraiment savoir ce qui s’y passe ! C’est ahurissant. C’est comme un grand secret que gouvernement après gouvernement on a patiemment étouffé, un morceau de Françafrique pas bien reluisant, un « contentieux désagréable » comme l’avait qualifié François Mitterand lors d’une visite à Moroni, avec des conséquences actuelles plus que tragiques.
Aucun journaliste à ma connaissance, n’a approfondi le sujet, et d’ailleurs, toutes les chaines de télévision à qui je l’ai proposé ont trouvé de bonnes raisons de décliner. J’ai fini par tourner le film avec mes propres moyens, en choississant la liberté de forme qu’offre le cinéma…"
Par zoom-Cinema.fr le 4 février 2009.


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