Secrets de tournage pour Wolfman
Benicio del Toro, sans aucun doute.
Pour Rick Yorn, le producteur de Wolfman, il n'y a jamais eu aucun doute sur le rôle principal. Benicio del Toro devait être la star du film. Et voilà pourquoi : "Benicio del Toro a un regard si puissant que l'émotion qu'il parvient à exprimer après la transformation est un élément capital du film. Nous ne voulions pas séparer l'acteur du loup-garou... pour ne pas finir avec la créature d'un côté et Benicio de l'autre. La performance de l'acteur est capitale à l'appréhension du personnage. Les effets spéciaux sont impressionnants, ils mettent en valeur le jeu... mais ne le remplacent pas."
Et l'acteur ne s'est pas fait prier !
Pour la production, c'est donc une évidence, Benicio del Toro doit être Wolfman. Mais pour l'acteur, l'évidence n'est pas très loin non plus. Malgré le maquillage et les nombreuses prothèses à supporter, pas d'hésitation, personne d'autre ne pourra jouer ce personnage mieux que lui. "Frankenstein, Dracula, La Momie,... Quand j'étais gosse, je regardais tous ces films", explique Benicio Del Toro. "Mon premier souvenir d'acteur, c'est Lon Chaney Jr jouant le loup-garou. Nous voulions faire honneur à ce film et au Le Monstre de Londres interprété par Henry Hull. Nous savions que ça serait passionnant de le réaliser d'une manière traditionnelle et artisanale."
Tant de travail pour du maquillage...
Le réalisateur de Wolfman, Joe Johnston explique les différentes étapes nécessaires pour créer la plastique de Wolfman. Un travail qui n'a pas du être de tout repos ! Explications : "Le maquillage est appliqué en plusieurs étapes. Il ne s'agit pas d'un masque afin de permettre à Benicio Del Toro de bouger et de s'exprimer. Nous ne voulions pas dépendre uniquement des images de synthèse parce que de leur utilisation découle souvent un sentiment d'irréalité, une violation des lois de la physique. Nous tendions vers le réalisme total et l'utilisation des effets visuels permet de repousser la barrière de ce qu'il est possible de faire avec le maquillage."
Trois heures de maquillage quotidiennes furent nécessaires. Malgré les heures de maquillage, Benicio Del Toro est ravi d'avoir pris part au processus. "Gamin, j'ai toujours rêvé d'avoir ces grandes dents", s'amuse le comédien. "Peu importait le temps que je devais y passer parce qu'avec Rick Baker, la magie se révèle petit à petit. Vous fermez les yeux cinq minutes et quand vous les rouvrez, quelque chose s'est passé. L'épreuve était facile à endurer avec une telle équipe faisant un tel travail".
Le cri du loup-garou, pas de place pour l'à peu près.
Le cri du loup-garou a été longtemps travaillé pour arriver à ce résultat. Tout y est passé et les essais ont duré un moment. Joe Johnston explique : "Quand il a été temps d'enregistrer le hurlement du loup, nous avons tout essayé, des imitateurs aux cris de bébé en passant par les bruits artificiels. Nous avons pris ces sons et les avons digitalisés... en cherchant la combinaison parfaite pour obtenir un hurlement unique. Mais nous n'y arrivions pas. Nous voulions qu'il soit emblématique et tout à fait nouveau à la fois."
Puis l'un des illustrateurs sonores a une idée originale. Selon Joe Johnston, "Howell Gibbens a dit : "Quel est le son de voix le plus pur et le plus maîtrisé ? La voix d'un chanteur d'opéra évidemment." Nous avons donc auditionné plusieurs chanteurs et avons trouvé notre homme : un baryton-basse." Après avoir enregistré une douzaine de hurlements, Johnston et l'équipe son savaient qu'ils avaient leur cri parfait. Le réalisateur explique : "Ses hurlements passent par plusieurs émotions... de la fureur à la victoire puis à la perte. Nous les avons descendus dans les graves d'environ 40 pour cent et sommes arrivés à des bruits animaux viscéraux et terrifiants qui vous glacent le sang."
L'affiche et marketing
Il est amusant de comparer les affiches américaines et françaises de Wolfman. Si Outre-Atlantique le studio a décidé de miser sur la bête, la stratégie demeure tout autre dans l’Hexagone. Le visuel met en avant les trois stars. Universal a sorti le carnet de chèque pour avoir Anthony Hopkins, Benicio del Toro et Emily Blunt. Mais aucune trace du loup.
Que dire de la forêt qui ne nous renseigne pas plus sur le sujet. ?! Seul indice valable, la lune, mais un indice bien faible. Autre point, le slogan : Ce n’était pas qu’une légende. De quoi parle-t-on exactement ? Bref, le distributeur français demeure bien allusif !
Par Diane T. le 3 février 2010.


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