Biographie
Michel Audiard est né le 15 Mai 1920 sous le nom de Paul Michel Audiard, à la maternité de Port-Royal au 27 bis, avenue du Parc Montsouris. Issu d'une grande famille de dentelliers, il sera élevé par des oncles et des tantes de sa mère dans une vieille bâtisse du XIV arrondissement. Un quartier dont il gardera à jamais la gouaille, l'accent et une certaine manière de vivre.
Il fait ses études à l'école du Moulin Vert, où ses talents de rédacteur lui attirent la sympathie de ses camarades les plus costauds. Camarades avec qui il partage déjà un certain goût pour la plaisanterie et la provocation. Cela ne l'empêchera pas de décrocher son certificat d'étude avec une mention bien, dont il fait peu de cas afin de ne pas vexer ses camarades.
Michel Audiard passe derrière la caméra à la fin des années soixante. De 1968 à 1974, il réalisera 9 films, aux titres qui semblaient tout droit sortis de ses dialogues. Un autre amateur de bons mots rendra l'un de ces titres célèbres, celui de son premier film, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Après ce premier succès viendront d'autres films: Une veuve en or (1969), Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas...elle cause (1970), Le cri du cormoran le soir au dessus des jonques (1970), Le drapeau noir flotte sur la marmite (1972), Elle cause plus, elle flingue (1972), Vive la France (1973) - un documentaire montage avec la voix d'Audiard où il épingle notamment De Gaulle, Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1973), Bons baisers, à lundi (1974).
Considérés comme baroques et avant gardistes par certains, comme des délires imbuvables par d'autres, ces films remportèrent des succès différents auprès du public. Néanmoins, on peut considérer que leur entrée au Panthéon du cinéma français n'est pas à l'ordre du jour.
Sur l'ensemble de sa carrière, Michel Audiard ne construira qu'une vingtaine de scenarii. Amoureux de littérature, Michel Audiard ira puiser son inspiration dans les polars de la Série Noire notamment. Pour Audiard, le livre est un bon moteur de départ, et même si l'on en garde presque rien, on dispose de l'essentiel, l'épaisseur, la chaire. Connaissant Simenon sur le bout des doigts, il adaptera plusieurs de ses romans, dont les fameux Maigret, réalisés par Jean Delannoy, avec Jean Gabin. Mais c'est avec son ami Antoine Blondin et Un singe en hiver qu'il réalisera l'une de ses plus belles adaptations. Un film ou la gouaille poétique du tandem Jean Gabin/Jean-Paul Belmondo se noie dans l'ivresse de leur éthylisme.
La construction étant le talon d'Achille d'Audiard, il sait s'entourer de confrères qui lui fournissent la trame, le patron sur lequel il brodera ses perles. Parmi eux, Albert Simonin. Ce spécialiste de la langue verte et du roman noir, qui publia le Petit Simonin illustré en 1957, était déjà passé au cinéma en 1953 avec l'adaptation de l'un de ses romans, Touchez pas au grisbi, film où il collabore avec Michel Audiard. Une expérience qui se renouvellera par la suite avec notamment Le cave se rebiffe (1961) et Les Tontons flingueurs (1963). Simonin ne se contente pas d'adapter ses propres romans. Scénariste à part entière, il devint un professionnel du film policier. Le trio Simenon (auteur), Simonin (scénariste) et Michel Audiard (dialoguiste) fera même office de label dans les polars des années cinquante et soixante. Mais Simonin, qui considère que sa carrière au cinéma fait de l'ombre à ses livres, retournera à la littérature après Le pacha en 1968. Parmi les scénaristes avec lesquels Michel Audiard travailla, on pouvait noter une certaine spécialisation : Alphone Boudard pour les histoires de truands, Alexandre Jardin pour les faits de société, France Roche pour les histoires de femmes.
Il meurt le 28 juillet 1985 dans sa maison de Dourdan, en Essonne des suites d'un cancer à l'âge de 65 ans. Il repose désormais au cimetière de Montrouge.
Réalisateur culte, meilleur dialoguiste de tous les temps en France, Michel Audiard est également le père d'un fils passé à la réalisation avec brio : Jacques Audiard.
