Course à l'horreur (1 / 10)
Déception à laquelle on s'habitue... A chaque nouveau film, on se dit que Jason Statham va peut être retrouver le chemin de la lumière cette fois. On ne peut décemment pas détester l'acteur après un diptyque aussi réussi que Arnaques, crimes et botanique et Snatch. On lui pardonne à chaque fois à Jason, espérant qu'un jour il prendra un peu de recul et continuera dans la voie du film d'action musclé, mais de manière décomplexée et en ne se prenant plus au sérieux. On espérait qu'après la parenthèse Hypertension plutôt loufoque, Statham avait eu un éclair de lucidité et allait continuer à le suivre dans ce Course à la mort. Mais malgré un scénario de base sympathique (Destruction Derby avec des bagnoles au look de Mad Max, le tout dans un jeu du cirque mortel contemporain, au moins on a fait pire coté univers post apo), ce remake de La course à la mort de l'an 2000 demeure une énième raison de lever les ciels. Enfin, Statham ou pas, on s'y attendait quand même plus ou moins en sachant qui s'occupait de le réaliser... tout au plus pouvait on espérer que W.S. Anderson lui ausi ait décidé de se lâcher un peu. Bah non, les deux hommes semblent décidés à prendre très au sérieux les productions qui leurs sont confiées. Malheureusement, ils en oublient que le cinéma n'est pas qu'une affaire de blé et de gros visuel clinquant.
Derrière ses effets spéciaux donc, Course à la mort est un film qui ne comporte pas un gramme de scénario, et propose un univers cyberpunk vu et revu, des acteurs bidons qui campent des personnages ne servant à rien, un montage épileptique andersonien, une musique lobotomiste andersonnienne, une réalisation clipesque, grasse, sans saveur et andersonnienne (et hop le plan classique de l'entrée en prison rap + gros yeux + musculation, et hop les cadrages frénétiques d'une seconde et demi qui tremblent,et hop les slow-motions et les regards de bad-boys), et aucun rebondissement réel. Il ne se passe vraiment rien du tout dans cette pellicule : tout est anticipé un quart d'heure à l'avance, sans compter la fin qui n'apporte rtien et ne résout même pas le mystère de départ, et les scènes de course au final pas spécialement intéressantes, puisque l'on passe les 4/5 de celles ci à regarder un gros molosse patibulaire tirer à la sulfateuse sur Statham en faisant trembler l'écran comme si un malade atteint de Parkinson tenait la caméra.
Course à la mort est peut être le plus mauvais film de W.S. Anderson, tellement il ne s'y passe rien, même la course en elle même n'apporte aucun souffle, ni même d'éventuelles séquences de chorégraphies guerrières avec des caisses qui voleraient dans les airs et se poursuivraient sur des grands huits (imaginons). Non, à la place, le film se contente d'aligner des sourcils froncés, des plans sur un canon de mitrailleuse qui crache le tonnerre, et des gros bras qui roulent des mécaniques en prison. "Paul Anderson a acquis les droits du film précédent en 1994. Il lui a fallu quatorze ans de réflexion et de travail pour parvenir au résultat final". Le résultat final ? C'est que pour mettre autant de temps pour pondre un film pareil, on ne sait même pas si W.S. Anderson a cherché à se foutre du monde de manière pleinement assumée ou si il croyait vraiment en son remake en n'ayant pas conscience qu'il n'aura jamais les qualités requises pour dépasser le film original.
Par Laurent B. le 11 mai 2010.


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