Cluedo sans suspens (3 / 10)
Un thriller matheux qui enchaîne les théories rébarbatives sur le pouvoir des équations et des symboles de Pythagore. De La Iglesia, venant du cinéma espagnol frappadingue, n'arrive pas à rendre cinégénique cet ersatz d'un Hitchcock période anglaise. Un étudiant croyant dur comme fer à l'explication rationnelle par les chiffres (Elijah Wood, avec son air ébahi), se heurte à un vieux professeur meurtri, qui interprète les symboles à sa manière (John Hurt, perdu dans ses pensées). Un prétexte à un Cluedo épuisant s'appuyant sur une intrigue aussi ennuyeuse que tirée par les cheveux. Le film jouit d'une réalisation effroyablement chaotique qui fait naître l'exaspération après seulement quelques minutes. Cousu de fil blanc, le scénario patine sur fond de sang et de sexe pour tenter d'intéresser un minimum le spectateur lambda (parce que le sujet des maths à la base n'intéresse pas grand monde).
L'ensemble est interminable, l'intrigue prévisible de bout en bout accumule les poncifs, les personnages sont caricaturaux à l'extrême, entre l'étudiant naïf qui va damer le pion au grand maître, le grand professeur sûr de lui, ou l'allumé de service joué par un Dominique Pinon qui se demande ce qu'il est venu faire là,... leur psychologie tient en une ligne, les dialogues sont soporifiques et on se contre-fiche de connaître l'issue de l'enquête, c'est dire... la chute finale n'apporte rien sauf du vent. Meurtre, enquête, énigme, sous couvert de pseudo philosophie, aucune atmosphère et une intrigue stupide, Crimes à Oxford, sous ses aires de thriller sur la philosophie du crime, ne demeure qu'un film pédant et cabotin. N'est pas Hitchcock qui veut.
Par Laurent B. le 29 avril 2010.


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