Mad Max au pays des contaminés (6 / 10)
Production ultra classique que ce Doomsday... dans un futur proche, un virus très méchant tue pleins de gens, et aucune solution ne se trouve. La société s'effronde, la loi martiale est appliquée, les gens se rebelles et c'est l'anarchie, et l'armée tire dans le tas. Un film qui a au moins le mérite de ne pas proposer une énième resucée des "contaminés", nouvelle hype du cinéma d'horreur/fantastique depuis le succès de 28 jours plus tard. A la place, on a droit à bonne vielle zone post-apo d'une société anarchique, entre Fallout, Mad Max et 28 JPT. Classique division de clans : d'un coté les pillards à crête version "dirty mad max crazy motherfucker" et de l'autre la société organisée qui s'est retranchée dans un chateau et vit au Moyen Age pour éviter de se montrer aux caméras de l'armée et assoie une dictature locale en persuadant à ses sujets qu'au dela du mur il n'y a rien. Evidemment, durant tout le film, ça se trucide à outrance et seuls les plus forts survivent, et les héros se retrouvent pris dedans, ce qui donne des affrontemments visuellement cocasses entre soldats hi-tech, chevaliers en armures et clochards à mohawks.
Une double réflexion bien débutée - d'un coté, le gouvernement tente de faire oublier la zone pour ne pas rappeler à la mémoire des gens la panique et l'inhumanité de l'époque, et de l'autre, les rejetés tentent de faire oublier aux leurs l'existence d'une société au dela du mur, pour mieux conserver la mainmise sur leur "nouvelle société" décadente - mais qui n'apporte au final pas grand chose à l'intrigue et est très vite zappée. Pour le reste, coup classique des balourds militaires qui se font attraper par surprise, fuite, emprisonnement, évasion etc... Ça canarde, ça se frappe avec tout ce qui peut servir d'arme, et c'est gore juste ce qu'il faut en niveau de kitch et de bouts de cervelle qui volent et de têtes qui explosent, ainsi que quelques contaminés suitant leur pus. Le leader des punks est un allumé barjo et le leader du chateau un tortionnaire sans coeur, ça se poursuit sur la route, les méchants finissent par perdre, et l'héroïne rebelle en cuir moulant survit, avec la classique fin "ouverte à un prochain épisode".
Un film sans rebondissements ni réelle saveur, tout est ultra calculé malgré le pitch un tant soit peu travaillé au début. Les films de zombies/post-apocalypse ne doivent pas avoir forcément la révolution d'un 28 jours plus tard pour plaire, si c'est bien troussé et qu'on s'amuse, le public de fans demeure assez laxiste généralement dans le domaine. Mais ici, rien à se mettre sous la dent. On a droit aux gravures de mode un peu partout (racoleur et de plus incohérent avec l'histoire), aux gerbes de sang ultra-prévisibles, aux kitsch des peuples laissés à l'abandon et cultivent un attrait du punk, du sado-maso, du cannibalisme... Un mélange entre les productions de Paul W.S. Anderson pour le coté léché et HD des héros et de Mad Max pour cette vision post-apo batarde, sa course-poursuite finale en belle voiture rutilante en tout point ridicule, le savant fou, le politique toujours véreux, etc... la liste est aussi longue qu'inutile. Le tout dans un saupoudrage de 28 jours plus tard à tel point mis à contribution que le thème musical est ici suggéré, voire repompé. S'il fera passer une soirée honnêtement, Doomsday demeure clairement une déception, après deux films comme Dog Soldiers et The Descent.
Par Laurent B. le 11 mai 2010.


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