Secret de tournage du film Doomsday
A l’ancienne
Après Dog Soldiers et The Descent, Neil Marshall signe son projet le plus ambitieux à ce jour, mêlant séquences d’actions spectaculaires, intrigue futuriste et décors apocalyptiques. Mais contrairement à la plupart des cinéastes du genre qui font massivement appel aux effets infographiques, le cinéaste tenait à réaliser son film à l’ancienne. Neil Marshall : "je voulais absolument que les scènes d’action soient les plus réalistes possibles, ce qu’on voit très rarement au cinéma de nos jours, » signale-t-il. « Il était hors de question d’utiliser des fonds verts ou de recourir au travail au filin : pour moi, il s’agissait de faire appel à des cascadeurs audacieux capables d’être suspendus à un bolide lâché à 130 km/h ou de sauter dans une voiture qui s’emplafonne dans une autre."
Fidélité
Neil Marshall : "dans mes deux premiers films, j’ai été amené à travailler avec une équipe réduite. Au maximum, je me suis retrouvé à diriger une vingtaine de figurants, alors que sur Doomsday, j’ai eu recours à une cinquantaine de figurants dès le premier jour et près d’un millier plus tard. Nous avons tourné dans plusieurs décors différents, de la rue à la forêt, en passant par la montagne, un château et un bateau. J’allais donc considérablement changer d’échelle. Cela m’a semblé intimidant au départ, mais je savais que cela serait une aventure formidable." Neil Marshall décide alors de faire appel à plusieurs de ses collaborateurs fidèles, comme le directeur de la photo Sam Mccurdy, le chef-décorateur Simon Bowles et le superviseur maquillage prosthétique Paul Hyett.Effets spéciaux
Neil Marshall a de nouveau sollicité Paul Hyett, maquilleur prosthétique sur The Descent, pour imaginer le virus.C’est ainsi qu’il a collaboré à l’ensemble des effets prosthétiques de Doomsday qui ont nécessité des dizaines de litres de sang. Les séances de maquillage du virus, baptisé « la Faucheuse », ont débuté dès le premier jour de tournage : un patient qui présente des symptômes est transporté dans un hôpital londonien, ce qui laisse craindre aux pouvoirs publics que le virus est réapparu. "Neil Marshall souhaitait que ça ait l’air aussi répugnant que possible" se souvient Hyett. "On voulait donner le sentiment que si un malade vous toussait dessus, vous pouviez en mourir ! J’ai étudié les symptômes de plusieurs maladies, notamment de mycoses et de maladies vénériennes. On trouve toutes sortes de maladies de peau peu ragoûtantes sur Internet..." Hyett a ensuite effectué plusieurs essais caméra afin que Marshall puisse choisir l’aspect lui semblant le plus repoussant à l’image. Après réflexion, il les sélectionna tous, en demandant à Hyett de croiser les différents pustules, rougeurs, furoncles et plaies pour concocter le « style » de la Faucheuse. L’équipe n’a pas ménagé ses efforts pour qu’aucun détail répugnant ne soit épargné, s’attachant particulièrement à l’apparence des yeux (souvent négligés, selon Hyett). Les yeux ont ainsi été creusés, si bien qu’on a le sentiment que l’infection ronge la paupière. Des lentilles de contact ont également été utilisées pour en renforcer l’aspect jaunâtre.
Par zoom-Cinema.fr le 2 avril 2008.


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