Higher Learning
Critique du film

Affiche miniature du film Higher Learning Affiche du film Higher Learning
 


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Ciné : 11 janvier 1995

Genre : Drame.
Nationalité : Américain

L'école de la vie (7 / 10)

Pure production nineties que ce Higher learning, maladroitement traduit lors de sa sortie en France par le titre Fièvre à Columbus university. John Singleton, révélé par Boyz'n'the hood, continue d'explorer les frontières relationnelles des communautés désoeuvrées ou jeunes de l'Amérique, et leurs rapports de forces tendus en ces temps d'émeutes raciales et de revendications sociales. Remettant sur la table les mêmes poncifs de son premier film, Singleton signe cependant un scénario plutôt bien ficelé et une fable universitaire sans exagérations destinée à pousser à la réflexion sur les valeurs du bien et du mal, et surtout sur les préjugés raciaux.

Higher learning est un film étrange, aux personnages à la fois extrêmement caricaturaux mais également profondément atypiques et humains. Leurs personnalités, les scènes et les ambiances développées durant le film ne sont pas sans évoquer des thématiques aussi vastes que celles abordées dans Menace II society et Boyz'n'the hood, mais également Requiem for a dream ou La haine, voire parfois des petits relents de Fight club dans le côté psychotique de la montée en puissance des évènements. Le début du film est assez poussif, mettant en scène les différents arrivants à l'université de Columbus : une Kristy Swanson naïve et candide, un Michael Rapaport un peu simplet, fan de metal qui a du mal à s'intégrer, un arrogant Mike Epps (adolescent à l'époque,  méconnaissable quand on le revoit désormais dans House !) qui joue de la discrimination raciale pour se cherche des excuses à toute entreprise, ou encore un Ice Cube armé d'une terrifiante afro dans un rôle plutôt génial, étudiant glandeur-philosophe  dirigeant la confrérie noire du campus. Entre eux naviguent une lesbienne activiste, un jeune fan de grunge un peu mélancolique, des neonazis vampirisant le campus, une tribu de blacks brailleurs et grande-gueules ou encore un Laurence Fishburne à son aise dans le rôle d'un érudit et stimulant professeur d'histoire.

Les thèmes du film parlent autant de la question de l'identité (dans une société, un pays, une fac, une ethnie) que des problèmes personnels (viol, spleen et idéal de vie) et suit une trame dramatique classique mais entrecoupés de gros passages inhabituels qui donnent une certaine personnalité à l'oeuvre, qui se termine un peu à la manière de la Haine ou American History X, qui restent les deux exercices de styles se rapprochant le plus de cet atypique Higher learning, film honnête mais assez désaxé dans sa construction. Il demeure cependant un essai intéressant  de par ses  thèmes et la manière dont les différents protagonistes les abordent.

Par Laurent B. le 12 mai 2010.

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