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Igor
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Igor Affiche du film Igor
 


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Ciné : 17 décembre 2008

Genre : Dessin-animé.
Nationalité : Américain

Secret de tournage du film Igor

Secret de tournage du film Igor

Un dessin-animé pour noël

Igor rejoint de la longue liste des dessin-animés de noël. Par chance, la sortie d’Harry Potter et le prince de sang mêlé a été reportée à 2009. Un concurrent en moins ! Igor sort le 17 décembre 2008 en France. Il devra faire face tout de même à d’autres concurrents sérieux : Madagascar 2, la grande évasion, Mia et le Migou et Niko le petit renne.

Un conte classique

Récit foncièrement optimiste, Igor montre que le monde peut changer grâce aux êtres les plus inattendus. Pour le scénariste Chris Mckenna, tout est parti d'une simple idée : fan absolu de films d'horreur, il a voulu signer une variation loufoque sur le mythe de Frankenstein et d'autres films de savants fous en renversant les codes habituels. Il s'agissait de faire de l'assistant de labo bossu et grossier un génie, du savant fou un imposteur, du monstre maléfique une délicieuse créature, du cerveau en bocal un simplet etc.

Le réalisateur Tony Leondis s'est aussitôt montré intéressé par le point de vue décalé de McKenna sur un conte classique. Également fan de cinéma d'horreur, ainsi que de films noirs et d'expressionnisme allemand, Leondis a imaginé un univers gothique et romantique qui donne la chair de poule, mais qui reste accessible au plus grand nombre. Un univers dont les personnages et les enchaînements dramatiques évoquent les grands romans gothiques – le village maudit, le serviteur tyrannisé qui devient un héros, la jeune fille innocente –, mais dont le traitement visuel se rapproche d'une allégorie moderne ponctuée de vrais moments de comédie .

Pour que le spectateur puisse s'identifier aux personnages, Tony Leondis souhaitait proposer une vision nouvelle des savants fous et de leurs inventions maléfiques, tout en glissant quelques clins d'œil à des problèmes d'aujourd'hui. “J'ai joué sur certains archétypes de monstres sur un mode humoristique pour évoquer les grands classiques du cinéma d'horreur. Du coup, les références permettent au public de se sentir en terrain connu, tout en le déconcertant et – espérons-le – en le faisant réfléchir un peu.” C'est ainsi que Tony Leondis et McKenna se sont beaucoup investis dans le développement de l'univers de Malaria et de ses personnages. “Je crois que le résultat n'a cessé de s'améliorer au fur et à mesure du développement,” signale McKenna.


A plusieurs égards, l'histoire semblait assez simple : dans un monde de savants fous et d'Igors bossus, un Igor en particulier aspire à devenir scientifique. Mais la mise en œuvre du projet va s'avérer un immense défi. En premier lieu, il s'agissait de faire comprendre au public pourquoi le monde de Malaria a évolué tel qu'on le découvre au début du film et de présenter certains personnages d'un genre très particulier.
Nous avons envisagé plusieurs manières de transmettre cette information au spectateur en essayant d'être le moins laborieux possible,” précise McKenna. “C'est vraiment grâce aux efforts conjugués du réalisateur, des producteurs et des comédiens qui ont su donner vie à leurs personnages qu'on y est arrivé.

La musique

La musique joue un rôle fondamental dans Igor. S'agissant d'un film aux styles visuels variés et aux personnages loufoques, Leondis tenait à ce que la musique mêle également les genres et contribue à l'atmosphère particulière du film. La production a alors fait appel à Patrick Doyle qui a signé les partitions de Raison Et Sentiments de Ang Lee, Harry Potter Et La Coupe De Feu de Mike Newell.
En outre, la bande originale s'est enrichie de cinq grands classiques du chanteur Louis Prima. “La musique de Patrick est d'une puissance émotionnelle rare et ajoute une dimension au récit," reprend Tony Leondis. "Nous avons été enchantés de travailler avec lui et l'alternance entre sa musique un peu décalée et les tubes de Louis Prima a donné un aspect décalé au film qui correspondait parfaitement à notre vision d'ensemble.

Le style visuel

Le film a été réalisé dans les studios d'animation Sparx, à Paris. Longtemps prestataire de Disney Animation, Sparx a permis au projet de voir le jour : “Je tenais à ce que le style visuel soit très marqué,” observe Tony Leondis. "Je voulais une palette de couleurs désaturées et peu contrastées, ce qu'on pratique assez peu aux Etats-Unis.”
Directeur artistique de la société, Olivier Besson, qui a été formé chez Disney Paris, a la même sensibilité artistique que Tony Leondis et considère que l'univers visuel doit servir l'intrigue.
Besson a collaboré à de nombreux films d'animation, “Olivier a été un collaborateur d'exception,” ajoute Leondis. “Il a parfaitement compris ce que je recherchais : il fallait que chaque élément visuel soit au service de l'histoire en donnant à celle-ci une perspective nouvelle.
Lorsque Besson a rencontré Tony Leondis, il lui a demandé ses artistes favoris, ses films de prédilection et le style qu'il préférait. "Tony avait une idée très précise du style visuel qu'il souhaitait donner à Igor," remarque Besson. “C'est comme lorsqu'on essaie de suivre une piste dans la forêt : on cherche les traces qui ont pu être laissées sur le sol, et quand on les a trouvées, on sait à quel film on a affaire.”
Quand Besson a estimé qu'il avait saisi le style et l'atmosphère du film, il s'est mis à esquisser une série de croquis en s'inspirant de Rembrandt pour la lumière, du photographe Brassaï pour les tonalités (noir, blanc et gris) et de la grande coloriste Mary Blair pour la palette de couleurs.
Tony Leondis s'est montré ravi par ces propositions : “Rembrandt utilisait la lumière pour raconter une histoire à travers ses tableaux, concentrant la lumière sur ce qui était censé attirer l'attention et laissant le reste dans la pénombre, et parfois même dans le noir. Cela fait appel à l'émotion et correspond très bien aux films de monstre. Pour moi, l'œuvre de Brassaï est éternelle. Ses clichés ont quelque chose de magique : elles évoquent le Paris du début du XXème siècle, avec ses rues dans la brume et ses personnages marquants. Pour la palette de couleurs, Mary Blair, de chez Disney, était la personne qu'il nous fallait : elle a une conception des couleurs qui, elle aussi, fait appel à l'émotion. Du coup, Olivier a employé des tons oniriques, comme le rose pour le ciel, si le ton de la scène s'y prêtait, tout en réussissant à nous faire croire qu'il s'agit d'un monde proche du nôtre. C'est un génie.


Besson et Tony Leondis souhaitaient que, comme tout film de monstre qui se respecte, Igor donne la chair de poule, mais sans excès. Dans cette optique, Besson a utilisé de la brume et de la fumée : “Tony tenait à ce que le moindre plan serve l'intrigue et contribue à l'atmosphère visuelle du film,” explique Besson. “En utilisant de la brume et de la fumée, nous avons réussi à camoufler ou révéler certains objets de manière subtile, tout en obtenant le climat onirique que l'on souhaitait.” Cette technique a également permis d'atténuer l'aspect très moderne des images 3D et de contribuer à donner au film un côté film noir classique.
Créatrice de personnages d'animation considérée comme l'une des meilleures d'Europe, Valérie Hadida a également collaboré au film. “Valérie a conçu tous les personnages d'IGOR, y compris les plus secondaires, et chacun d'entre eux pourrait être le protagoniste à part entière d'un film,” signale Leondis. “Son travail évoque le jeu sur les formes du corps humain de Picasso. Elle cherche constamment à renouveler son approche du graphisme.”

Le mélange des époques

Tony Leondis a ensuite utilisé l'une de ses techniques préférées pour que le style visuel du film soit le plus frappant possible. “J'adore mélanger les époques,” explique-t-il. “Il n'y a rien de plus ennuyeux, à mes yeux, que l'hyperréalisme. Ce que j'aime, c'est recréer la réalité de manière inattendue : après tout, il s'agit d'un film d'animation ! Je suis très friand de l'art moderne qui utilise et réinvente des objets du quotidien dans le but de susciter l'émotion. Cela rejoint ma conception du cinéma.” Largement employée tout au long du film, cette technique donne à Igor un style unique.
Etant donné que Malaria était un pays paisible jusqu'à ce que les nuages s'amoncellent et que les habitants mettent au point des inventions maléfiques, la production décida de s'inspirer d'un royaume médiéval pour le décor principal, puis d'y ajouter des éléments de l'ère industrielle pour représenter les terribles inventions. Quant à l'extérieur du château du docteur Glickenstein – le redoutable maître d'Igor –, les graphistes firent appel à des vases à bec, des tubes à essai et aux rouages d'un moteur à vapeur. C'est ainsi que le public reconnaît le château typique d'un savant fou, mais en le redécouvrant sous un jour nouveau. "Je voulais que ces différents éléments tranchent radicalement avec le décor,” indique Leondis. “Il fallait que ces objets industriels donnent le sentiment d'avoir été plaqués sur le monde paisible et bucolique qu'était Malaria autrefois.”
Pour les personnages, Leondis a, une fois encore, mélangé les genres et s'est inspiré de la haute couture : “Vivienne Westwood, à qui on doit le style punk, a toujours su mêler les époques, les textures et les tissus. Elle a su bousculer les formes traditionnelles et c'est ce que j'ai cherché à faire dans IGOR. J'ai fait en sorte que l'univers du film soit un croisement entre l'époque médiévale, l'Angleterre gothique et le style pop des années 60. Des détails comme le choix des tissus, des imprimés, de la couleur des cheveux ou des attitudes révèlent des traits de caractère propres aux personnages. Par exemple, le Docteur Schadenfreude n'est qu'un fanfaron sans personnalité – d'où l'aspect très voyant de son accoutrement. En revanche, Eva, qui incarne l'espérance, est le personnage du film le plus haut en couleurs : chacune de ses scènes est baignée de lumière.”

Le réalisateur voyait le personnage d'Igor comme prisonnier de son propre monde. “Il est engoncé dans une sorte de camisole et il a des poignets qui représentent des menottes. Il porte un pull-over rayé qui évoque un uniforme de prisonnier et sur sa bosse – qui symbolise son oppression – on peut voir deux petites taches orange. Dans ce film, l'orange représente l'espoir et jusqu'à l'arrivée du monstre – symbole d'espérance –, le seul orange que l'on voit est celui des taches d'Igor. Car, au fond, ce petit bonhomme est porteur d'espoir.

McKenna est enchanté du résultat final : “Tony Leondis et l'équipe artistique de Sparx ont créé des personnages et un univers qui ont dépassé mes attentes,” signale-t-il. “Je m'étais toujours dit que le plus difficile consisterait à faire d'Igor un bossu sans qu'il apparaisse monstrueux ; pari tenu.”

Par zoom-Cinema.fr le 17 décembre 2008.

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