Venez vous faire botter les fesses ! (8 / 10)
En général, les films ultra-médiatisés, c'est le plantage assuré à la sortie des salles obscures. Oui, sauf que de temps en temps, il y en a qui parviennent à survivre. Quelques-uns. Et, de manière assez inattendue, Kick-Ass est l'un d'eux. Inattendu car la bande-annonce pouvait laisser présager un film honnête dans la lignée de ce qui se fait maintenant en matière de super-héros, mais sans plus. Pas de quoi en faire tout un plat. Et bien, c'est tout le contraire : on a là un némésis à la surenchère de super-productions qui déboulent tout au long de l'année. Pourquoi ? Parce que le long-métrage parvient tout simplement à casser les codes d'un genre qui peinait à se renouveler.
Dave Lizewski (Aaron Johnson) n'a rien de particulier, pas de pouvoirs, il ne s'est pas fait mordre par une araignée mutante et ne vient pas d'une autre planète. Mais c'est un fan de comics qui se demande pourquoi personne n'a jamais essayé de sauter dans une paire de collants pour aller taper du méchant. Alors, il le fait. Point. Ici, pas de morale à deux balles sur l'apprentissage de la vie, les responsabilités, la destinée, la bla bla bla.... Du coup, il va vite se retrouver embarqué dans une sale histoire bien malgré lui.
En fait, Kick-Ass, c'est juste un geek qui veut voir ce que ça fait en vrai. C'est tout. Le film est bourré de références aux comics en tous genres, mais Dave ne se prend jamais pour ceux qu'il n'est pas. Drôle, irrévérencieux (exit le bisou à l'envers sous la pluie, ici le héros passe direct aux choses sérieuses dans l'arrière-cour crade d'un café), étonnant, le film a tout bon sur toute la ligne. A la limite, la seule chose qu'on pourrait lui reprocher, c'est de ne pas s'être appelé « Hit Girl », tellement la jeune Chloë Moretz vole la vedette au héros dans son rôle de gamine assassine qui a depuis longtemps délaissé la poupée pour le 9mm. Mention spéciale également à Nicolas Cage, impeccable et improbable (ça c'est de la moustache !) dans le rôle du « Big Daddy » papa-poule, qu'on n'a plus vu aussi bien jouer depuis... ben, longtemps.
Kick-ass botte donc les fesses de tous les blockbusters formatés qu'on nous sert à longueur de temps, sans pour autant en oublier d'être efficace en terme d'action (les scènes ne font pas dans la suggestion, on est parfois limite dans le gore) et d'intensité. Tous les personnages sont justes, bien trouvés ; la bande-son (The Prodigy, The New York Dolls, Primal Scream) irréprochable ; bref, pas grand-chose à jeter, si ce n'est un scénario un peu négligé. Mais ce n'est pas là le plus important. Le plus important, c'est que les futurs Thor et autres The Avengers peuvent aller se déshabiller : quand un geek devient superstar, c'est à eux d'être ringards. Et c'est fou ce que ça fait du bien !
Par Nicolas G. le 26 avril 2010.


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