Secret de tournage du film La plus belle victoire
Le tournage de Wimbledon
Pour les producteurs, le seul décor envisageable pour tourner les scènes de tennis était évidemment Wimbledon – et il s'avérait crucial de pouvoir tourner durant le championnat 2003. Une fois le scénario achevé, le producteur Eric Fellner organisa un rendez-vous avec Mark McCormack, fondateur et patron d'International Management Group (IMG), célèbre agence de marketing sportif. McCormack présenta Fellner au président de la prestigieuse All England Lawn Tennis and Croquet Club (AELTCC), responsable de l'organisation du tournoi de Wimbledon, et conclut un accord : la production venait d'obtenir l'autorisation de tourner à Wimbledon même. Tim Phillips, président du Comité d'administration des Championnats s'explique : "Nous sommes très fiers du statut de Wimbledon dans le monde et nous tenons beaucoup à le préserver. Mais en même temps, nous nous sommes dit que le tennis était avant tout un jeu magnifique et un formidable divertissement. Tout le monde peut y jouer, garçons et filles, de 5 à 95 ans. C'est un sport convivial, sain et beau à regarder. Il est donc de notre intérêt de le rendre populaire. Nous nous sommes dit qu'un film tourné à Wimbledon, mettant en avant l'esprit de compétition et la dimension ludique du tennis, permettrait sans doute de piquer la curiosité de nouveaux publics
La plus belle victoire, un projet né dans les années 90
L'histoire de Wimbledon, considéré comme le tournoi de tennis le plus prestigieux au monde, remonte à 1877 : cette année-là a lieu la première édition, ouverte uniquement aux hommes, qui accueille 22 joueurs et environ 200 spectateurs. La victoire revient à l'époque à Spencer Gore. Le projet de La plus belle victoire – le film – est né 120 ans plus tard, à la fin des années 1990 : les scénaristes Jennifer Flackett et Mark Levin ont alors l'idée d'une comédie romantique située dans le monde du tennis professionnel. Ils proposèrent leur projet à la maison de production Working Title, réputée en Europe pour ses comédies sentimentales. La société ne tarda pas à donner son accord. Restait à trouver un réalisateur suffisamment averti pour parvenir au bon équilibre entre humour, romantisme et émotion – et pour faire du match de tennis un vrai spectacle cinématographique. Réputé pour ses films dramatiques (RICHARD III) et ses téléfilms (MY HOUSE IN UMBRIA, THE GATHERING STORM), Richard Loncraine n'était pas, a priori, l'homme de la situation.
Un scénario à améliorer...
Loncraine et ses producteurs souhaitaient apporter quelques améliorations au scénario car il était essentiel que le milieu du tennis professionnel soit représenté de la manière la plus réaliste possible. La production fit appel à Adam Brooks, scénariste de la comédie sentimentale Bridget Jones : l'âge de raison, pour retoucher le scénario : "développer ce script a vraiment été une expérience très riche pour moi. Je pense que LA PLUS BELLE VICTOIRE est dans la droite lignée des comédies sentimentales pétillantes dont les Anglais ont le secret – et qui s'exportent très bien à l'étranger, notamment aux États-Unis." La production adressa ensuite plusieurs exemplaires du scénario remanié à un certain nombre de champions de tennis, comme Pat Cash et John McEnroe, tous deux vainqueurs de Wimbledon. "Ce qui a été très réconfortant, c'est qu'ils nous ont fait très peu de remarques," explique Brooks. "Ils nous ont dit que notre description du milieu tennistique était pour l'essentiel fidèle à la réalité." Vainqueur de Wimbledon en 1987, l'Australien Pat Cash fut recruté comme conseiller technique : "Bien entendu, comme il s'agit d'un film, on peut se permettre de prendre quelques libertés avec la réalité," dit-il. "Mais la description du milieu des joueurs et de l'atmosphère particulière de Wimbledon est, dans l'ensemble, d'une grande precision "
Deux comédiens qui savent se faire attendre ...
La production adapta le plan de tournage aux disponibilités des deux acteurs. "Après avoir obtenu l'accord de Kirsten et de Paul, nous avons dû attendre un peu plus d'un an, le temps qu'ils terminent les films qu'ils étaient en train de tourner. Mais nous y tenions vraiment. Ils se sont parfaitement entendus et surtout ils ont su créer cette alchimie si particulière, qui est essentielle à la réussite d'une comédie sentimentale," précise le réalisateur.
4 mois de mise en condition au tennis...
Il fallait désormais penser à l'entraînement physique des comédiens. "J'imagine que je suis comme la plupart des Anglais," note le cinéaste. "Au moment de Wimbledon, je regarde les matchs à la télévision et j'y prends beaucoup de plaisir. Je ne sais pas très bien jouer au tennis, mais j'ai pris des cours. Quand on m'a proposé le projet, je me suis mis à regarder toutes les cassettes vidéo que j'ai pu dénicher, j'ai lu une vingtaine d'ouvrages sur l'histoire de ce sport et j'ai aussi lu les livres de Pat Cash et de McEnroe. Il faut dire aussi que j'étais entouré de véritables amateurs et connaisseurs de tennis – ce qui m'a permis d'aborder chaque scène en sachant exactement quelle émotion je souhaitais faire passer." Pat Cash fut chargé de faire de Paul Bettany, Kirsten Dunst et Austin Nichols des champions de tennis crédibles. Les comédiens s'entraînèrent quatre mois avant le tournage : "La production avait besoin d'un conseiller technique pour orchestrer les échanges sur le court et pour faire en sorte que Kirsten, Paul et Austin aient l'air d'authentiques professionnels du tennis," explique Cash. L'entraînement était censé leur inculquer les rudiments du jeu – la manière dont les grands joueurs se déplacent ou tiennent la balle. Il fallait que les échanges aient l'air de vrais échanges."
Par zoom-Cinema.fr le 20 octobre 2004.


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