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La Rafle
Secrets de tournage

Affiche miniature du film La Rafle Affiche du film La Rafle
 


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Ciné : 10 mars 2010

Genre : Drame.
Nationalité : Français

Secret de tournage du film La Rafle

Secret de tournage du film La Rafle

Des photographies d'époques !

Dans la dernière scène du film, Mélanie Laurent, qui interprète le rôle de Annette Morod, l'infirmière, se trouve au Lutétia, un hôtel qui accueillait les rescapés des camps et affichait les photos des personnes décédés dans ces même camps. Il faut savoir que l'ensemble des photos et des noms qui ont été utilisés pour le tournage sont de vrais noms et de vraies photos. Rose Bosch, la réalisatrice, a tenu a ce que ce soit proche de la réalité.

Par Marine N. le 2 mars 2010.

Interview de l'équipe du film La Rafle

Interview de l'équipe du film La Rafle

Nous avons rencontré pour vous l'équipe du film de La Rafle, le lundi 1  mars, à La Cour des Loges, dans le 5ème arrondissement de Lyon. Étaient présents :

  • Rose Bosch : réalisatrice et scénariste
  • Ilan Goldman : producteur
  • Mélanie Laurent : actrice ayant le rôle d'Annette Monod
  • Jean Reno : acteur ayant le rôle du Dr David Sheinbaum
  • Hugo Leverdez : acteur ayant le rôle de Joseph Weisman
  • Raphaëlle Agogué : actrice ayant le rôle de Sura Weisman
  • Joseph Weisman : acteur et rescapé de la rafle du Vel' d'Hiv.

zoom-Cinema.fr : Pourquoi avoir souhaité raconter cette histoire de la rafle du Vél d'Hiv' ?

Rose Bosch : A travers ce film, nous voulions traiter le sujet de manière frontale, contrairement aux films précédents. Ces autres films ne rendaient pas justice à l'ampleur de l'évènement. Nous souhaitions raconter le parcours de ces 13 000 juifs raflés le 6 juin 1942 , jusqu'à la fin fin août avec l'acheminement jusqu'au camps. Et puis on tenait également a représenter le Vel d'Hiv'. Les films précédents nous montre une réalisation partielle de ce bâtiment. Nous, on a reconstruit et on a essayé de se rapprocher au maximum de ce que ça devait être à l'époque. Le nombre de figurants était incroyable.Et puis, on voulait raconter cette histoire à travers les yeux des enfants, car, ne l'oublions pas, parmi les 13 000 juifs raflés ce matin là, il y avait 4051 enfants. Ces enfants étaient de plus grandes victimes que les adultes parce qu'ils subissent notre folie.

zC : Quel message souhaitiez-vous faire passer à travers ce film ?

Rose Bosch : Je voulais avant tout que ce film ait de l'audace. Et l'audace, c'est de dire une bonne fois pour toute ce qu'il en était. Je voulais mettre sur le devant de la scène la passivité de l'autorité française et de sa police. Je voulais montrer l'existence de camps semblables à ceux trouvés à l'est, sur le territoire français. Je voulais montrer l'obéissance de l'état français à un ordre inhumain.

zC : Pourquoi s'être focalisé sur le quartier de Montmartre ?

Rose Bosch : Ilan (le producteur) me parlait de la rafle qui avait eut lieu à Montmartre, depuis des années. Elle l'obsédait. Pour ma part, je trouvais assez bizarre qu'aucune image ne se rapporte au Vel d'Hiv'. J'ai donc essayé de creuser un peu plus et de m'informer. Et puis j'ai rencontré Joseph Weisman qui, lui, venait de la rue des Abesses à Montmartre. C'était donc le quartier qui me semblait le plus approprié comme point de départ du film. Et puis, il faut savoir que dans ce quartier étaient réunies de nombreuses familles de juifs. Et c'est près de 800 enfants qui ont été raflés ce jour là. Comme j'avais décidé de faire ce film à travers le regard des enfants, je me suis dit que Montmartre était l'idéal pour suivre ces familles.

zC : Pourquoi parler de cette histoire maintenant?

Rose Bosch : Parce qu'après il sera trop tard. Rendez-vous compte : dans ce film, on parle d'un petit garçon qui avait 11 ans et qui aujourd'hui en a 78. Si on attend encore, ce seront des personnes qui avaient 5 ans à l'époque qui raconteront. Et que peut garder un enfant de 5 ans en mémoire ? Peut-il se souvenir de ce qu'il a vécu à cet âge là ? Et a-t-il comprit à l'époque ce qui lui est arrivé, ce qui se passait ?

zC : Vous l'avez donc dit, la présence des enfants était indispensable. Comment s'est passé le tournage en leur présence ?

Mélanie Laurent : C'était un véritable bonheur de les avoir sur le plateau. Ils nous ont apporté beaucoup de joie sur un tournage souvent difficile.

Rose Bosch : Les enfants aussi étaient très contents d'être là. Vous pensez, pour une fois qu'ils avaient le droit de se salir sans qu'on les gronde ! Et puis, ils ont fait preuve d'une grande discipline. Par contre, le sujet de la rafle n'était pas raconté à tous les enfants. Selon leur âge, je schématisais plus ou moins. Les jumeaux qui interprètent le rôle de Nono ont 5 ans et on ne peut pas briser leur enfance en leur parlant de l'holocauste ou de la déportation.  En tout cas, je ne le souhaitais pas. Je leur ai donc expliqué qui étaient les méchants, qui étaient les gentils. Je leur ai aussi dit que l'armée et la police ne sont pas toujours d'accord avec la population. J'ai moi-même des enfants de 9ans et je ne souhaite pas leur expliquer. Pas encore.

zC : Qu'avez-vous appris en travaillant sur ce film ?

Mélanie Laurent : Énormément de choses. Ce n'est pas un film comme les autres. C'est un film sur l'être humain et sur la question d'obéir ou non à un ordre qui, lui, est inhumain. A chaque rencontre avec Rose Bosch, j'apprenais quelque chose de nouveau.

Jean Reno : J'ai aussi appris beaucoup en faisant ce film. Beaucoup de chiffres, beaucoup de faits que je ne connaissais pas. C'était vraiment un moment magique. Je souhaite réellement montrer le film à mes enfants. Il est important qu'ils le voient.

Mélanie Laurent : J'ai aussi beaucoup appris sur moi même. Ce film m'a rendu plus forte... et plus heureuse de ce que j'ai !

zC : Dans le peu de scènes où l'on voit Hitler, on découvre un personnage plutôt banal. Pourquoi cette représentation ?

Rose Bosch : On ne peut pas parler des victimes sans parler de leur bourreau. Mais à force de voir Hitler en diable, on a tendance à le sacraliser et moi je voulais avant tout montrer sa banalité. Hitler est en fait un sérial killer ordinaire. C'est avant tout un homme et par ce fait, il n'a aucune excuse. Voilà pourquoi je voulais aussi le montrer joueur, tendre avec les enfants qui l'entourent, faisant des soirées animées... tout en parlant de la manière dont il allait exterminer les juifs.

zC : Joseph Weisman était présent sur le tournage, comment s'est passée la rencontre avec l'équipe ?

Hugo Leverdez : Je l'ai vu pour la première fois à Montmartre. J'étais avec ma mère quand je l'ai vu et je lui ait dit "Je pense que c'est Joseph Weisman." Je me suis avancé vers lui et je lui ai dit que j'allais jouer son personnage. Là, il s'est mis à pleurer. Je lui ai ensuite dit "J'espère que je ne vous décevrais pas". Cette rencontre a été très importante pour moi.

Jean Reno : Ma rencontre avec lui a été très émouvante. On s'est rencontrés pour la première fois dans la reconstruction du Vel d'Hiv'... le jour du triste anniversaire de la Rafle. On a donc tenu une minute de silence monstrueuse d'humanité. Et d'ailleurs, puisqu'il est à côté de moi, je tiens à lui dire que je l'aime.

zC : Joseph Weisman, vous avez regardé le film. Comment avez-vous réagi ? Vous sentez-vous soulagé ?

Joseph Weisman : Je ne peux pas vous parler du film. Dès les premières minutes, dès les premières images, j'ai traversé l'écran. J'étais avec eux. Je revivais l'histoire avec eux. Je n'étais plus là en tant que spectateur, mais en tant que protagoniste. Quant à être soulagé, ce film ne change rien. C'est impossible d'oublier.

Rose Bosch : Aucun film ne pourra rendre aux rescapés ce qu'ils ont perdu.

Par Marine N. le 2 mars 2010.

Secret de tournage du film La Rafle

Secret de tournage du film La Rafle

Marketing

Comme L'armée du crime et autres films ayant un intérêt historique, la production compte bien favoriser le bouche-à-oreille via le milieu scolaire et enseignant. Afin de leur permettre de découvrir le film, les enseignants ont été invités le dimanche 31 janvier à 10h00 aux avant-premières gratuites dans chaque académie.

Ainsi dans 27 salles à travers la France, La rafle a été présentée en qualité numérique. La projection du Gaumont Marignan à Paris a été suivie d’une rencontre avec Joseph Weismann, protagoniste principal du film et un des rares enfants à s’être échappé du camp de Beaune-la-Rolande. Il  était accompagné de la réalisatrice Roselyne Bosch. Cette rencontre sera retransmise en direct via satellite dans 21 salles en France devant les enseignants ! Un procédé déjà utilisé pour le film Le concert.

Et ce n'est pas tout ! Sous l’égide de l’Inspection Académique d’Histoire-Géographie, un document d’accompagnement pédagogique a été rédigé par des enseignants d’Histoire et de Cinéma.  Ce document sera envoyé dans le courant du mois de février à l’intégralité des 11 000 collèges et lycées de France métropolitaine, à l’attention plus particulière des enseignants d’Histoire-Géographie et des documentalistes.

En parallèle, le Mémorial de la Shoah mettra à disposition des enseignants des ressources complémentaires (témoignages, iconographie,...) sur l’espace pédagogique du site officiel du film.

Gad Elmaleh et Mélanie Laurent ont accordé une interview en commun au magazine Version Fémina, dans le numéro sorti le week-end du 1 er mars. Joli coup pour le magazine que de réunir le réalisateur de Coco et la comédienne qui a triomphé en 2009 avec Le concert et Ingloruious Basterds.

Opportunisme de circonstance, des émissions spéciales consacrées à La Rafle du Vel d'Hiv ont été diffusées à la télévision. Premières d'entre elle, le mardi 9 mars à 20h35, à la veille de la sortie en salle du film de Roselyne Bosh. France 2 revient sur la rafle du Vel d’Hiv, dans une émission spéciale présentée par Marie Drucker. Les acteurs du film La Rafle sont également présents. L'émission accueillera Maurice Rajsfus, arrêté le 16 juillet 1942, historien du Vel d'Hiv, Annette Muller, arrêtée, internée à Beaune-la-Rolande puis à Drancy, Adolfo Karminsky, interné à Drancy en 1943, résistant et faussaire, Gisèle Godlewski, élève infirmière, résistante, arrêtée et internée à Drancy et Jean-Louis Crémieux-Brilhac, en charge de l'information à destination de la France à Londres à partir de 1942

Participeront aussi à la soirée le psychiatre de la résilience Boris Cyrulnik, arrêté lors d'une rafle à Bordeaux, la réalisatrice  Roselyne Bosh, l'avocat Serge Klarsfeld, conseiller historique du film, les comédiens, les historiens Renée Poznanski et Denis Peschanski, le patron des députés UMP Jean-François Copé, le député PS Pierre Moscovici.

TF1 n'est pas en reste et propose également une émission spéciale le lundi 2 mars, à un horaire plus tardif (minuit) et confidentiel que sur le service public. Mélanie Laurent et des survivants du drame seront présents sur le plateau et répondront aux questions des jeunes.

Par Hervé le 28 janvier 2010.

Dernières réactions sur La Rafle

Attention, il est possible que certains commentaires contiennent des révélations sur la fin du film "La Rafle" ou sur des éléments clés de celui-ci, donc prudence pour ceux qui n'ont pas encore vu La Rafle.

Ce film a 8 commentaires.


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