Le village des paumés (5 / 10)
Night Shyamalan est un gars qui doit souffrir de l'angoisse de la page blanche... Excellente surprise que fut son Sixième Sens à l'époque, mais depuis, le cinéaste semble recycler son cinéma à chacun de ses films, et avec Le Village, on commence à trouver le tout un peu long.
La première partie est pourtant réussie : une ambiance sombre et mystérieuse nous happe littéralement, nous prend au sang et l'on bascule en même temps que les protagonistes du film dans l'angoisse la plus totale. Mais l'énigme enfin dévoilée, le film tombe alors dans l'ennui le plus total, devient extrêmement soporifique, pour ne pas dire chiant. Le problème de Shyamalan est qu'il construit tous ses films sur le même mode de twist final qui se veut percutant, mais qui est au final bien trop tarabiscoté ou casse-gueule pour demeurer crédible. La mise en scène en pâtit pour la peine, passant bien pour faire monter le beurre, mais le final s'effrite avant l'heure, et l'on sait déjà comment les choses vont se terminer une demi-heure avant la fin du film. Avec sa manie de se faire appeler "Mister" et ses affiches racoleuses façon horreur profonde (tagline + filtres pétants et modernes pour attirer le grand public), on finit par se demander si le gars qu'on cite en prodige n'est pas juste un réal qui se la croit à mort sans véritable imagination.
Seul bon point, le casting qui réunit quelques tronches plutôt crédibles : Bryce Dallas Howard est à croquer, Joaquin Phoenix est à l'aise dans son rôle d'ours fataliste amoureux, et Michael Pitt, même en second couteau, joue encore une fois parfaitement son rôle d'hurluberlu halluciné. Pour le reste, le film a le mérite de se laisser suivre, mais une fois la chute arrivée, on fronce les sourcils en se disant que ça ne va pas du tout. Un peu comme si on avait regardé un mauvais Vidocq : "tout ça pour ça"... sans parler de la conclusion scénaristique peu ragoutante : le film présente finalement une critique peu convaincante des Amish tout en se tirant une balle dans le pied dans la scène finale. Ballot.
Par Laurent B. le 5 mai 2010.


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