Secret de tournage du film Les choristes
8 million d'entrées en salle
Le film Les Choristes avait créé une grande surprise lors de sa sortie. Un phénomène, qui avait réunit au final plus de 8 million de spectateurs en salle. Mais aussi permit la vente d'un virgule 5 million d'exemplaires de la bande-originale. Sans compter 2 million d'exemplaires pour le DVD. Les Choristes demeure un remake de La cage aux rossignols de Jacques Dréville, sorti en 1945. Ce long-métrage avait réunit 5 million de spectateurs. Le film de Christophe Barratier a eu également d'autres conséquences inattendues, comma la multiplication des chorales, aux quatre coins de l'Hexagone. Et un certain attrait pour les lieux de tournage, notamment le Château de Ravel, principal décor du film, situé dans le Puy de Dôme.
La gènèse
Christophe Barratier nous explique la gènèse du film Les Choristes : "après mon court-métrage, Les Tombales, je cherchais un sujet de long-métrage. Je me suis rendu compte que les notes que je prenais étaient plutôt liées à ma petite enfance, aux émotions que j’ai ressenties entre quatre et huit ans. Par ailleurs, j’avais très envie, ayant eu une formation musicale, de traiter une histoire se rapportant à la musique. Ce sont donc ces deux thèmes, l’enfance et la musique, qui m’ont logiquement amené à me souvenir de La Cage aux rossignols. J’avais vu ce film à sept ou huit ans en 1970-71, sur une des deux chaînes de télévision de l’époque. Il m’avait profondément touché. Presque oublié, le film a néanmoins conservé son charme. En outre, il n’est pas sacralisé comme un “chef d’oeuvre” du cinéma français, ce qui rend l’adaptation moins périlleuse. J’en ai surtout retenu deux choses : l’émotion que font naître les voix d’enfants et ce personnage du musicien raté qui s’efforce malgré tout de changer l’univers de ceux qui l’entourent. C’est ce que j’aime au cinéma. Les films qui m’ont marqué ont d’ailleurs ceci en commun : comment un individu peut-il contribuer à rendre le monde plus vivable ? Je sais que le cinéma ne fait pas changer les choses, mais il peut donner envie d’essayer. J’aime sortir d’un film avec l’envie de m’identifier au personnage principal. L’enseignement de Clément Mathieu ne se limite pas à de simples leçons musicales, mais à une leçon de vie. Le film porte en lui trois thèmes : la petite enfance, la musique et la transmission."
Le casting
Christophe Barratier nous explique comment il a procédé pour recruter les jeunes comédiens présents dans Les Choristes : "je tenais d’abord à ce que le rôle du petit chanteur soliste soit tenu par un vrai chanteur. Je savais qu’il serait très difficile à trouver, mais j’ai eu une chance inouïe : en faisant le tour des grandes chorales de France pour choisir celle qui enregistrerait la bande originale du film, nous avons découvert le jeune Jean-baptiste Maunier, soliste des “Petits chanteurs de Saint-Marc” à Lyon. Sa voix est exceptionnelle et très émouvante. Comme ses essais de comédien furent concluants, je n’ai pas hésité. Pour le reste de la chorale, je ne voulais pas de jeunes comédiens “professionnels” car je tenais à ce que le jeu des enfants échappe au systématisme, au côté “chien savant”. Nous avons cherché les enfants sur les lieux-mêmes du tournage en Auvergne. Sylvie Brocheré et son assistante ont écumé les écoles et collèges de la région de Clermont-Ferrand. Après l’audition de plus de 2000 enfants, j’ai pu distribuer les rôles en découvrant parmi eux de “vrais acteurs”. Seuls les Parisiens Théodule Carré Cassaigne et Thomas Blumenthal avaient de petites expériences d’acteur et je les ai intégrés aux autres “natifs” sans problème, quant à Maxence Perrin, le fils de Jacques, c’est évidemment sa première “expérience”. Tous ont d’abord chanté sur les enregistrements témoins que nous avions réalisés avec la chorale de Lyon, mais très vite ce ne fut plus la peine : bien que totalement novices en la matière, ils connaissaient tous les morceaux par coeur, et les chantaient avec une incroyable énergie."
Mise en scène
Christophe Barratier a accordé un soutien tout particulier à la mise en scène : "d’abord le choix d’utiliser le format scope pour signifier l’isolement et l’écrasement des petites silhouettes d’enfants au coeur de ce décor. Il fallait prévoir une certaine largeur de plan panoramique pour pouvoir filmer le décor principal, la salle de classe, dans son intégralité. On perd un peu de réalité, de vraisemblance, on n’est plus dans une simple salle de classe mais dans un univers peuplé de personnages particuliers. Je suis d’autre part très attaché à un style qui relève du langage musical, “le legato” c’est-à-dire le “lié”, le “coulé”, plutôt qu’à un style secouant et perturbé. D’où relativement peu de plans mais avec des travellings, des panoramiques, des fondus enchaînés et des fondus au noir. Par ailleurs je tenais beaucoup à ce que les liaisons entre chaque scène soient élégantes, notamment pour les passages chantés, qui fonctionnent avec des précipités d’images selon un certain rythme musical. Au mixage nous avons travaillé l’évolution des voix de cette chorale en jouant sur la qualité sonore et même la qualité musicale. Il fallait donner au spectateur le sentiment du passage du temps grâce à l’évolution musicale de la chorale."
La musique
La musique tient un rôle de premier plan dans le film Les choristes. Christophe Barratier : "avec Bruno Coulais, nous avons commencé à travailler au mois de septembre 2002, neuf mois avant le tournage. Nous voulions échapper à la couleur “enfant de choeur” avec les incontournables chants de Noël et veillées au coin du feu. Il fallait muscler la musique et ne presque pas utiliser le répertoire existant. La musique entendue étant, dans l’histoire, celle de Clément Mathieu, nous avons varié les genres et les atmosphères musicales au gré de l’évolution du personnage. La fabrication du film s’apparentait souvent à celle d’une comédie musicale."
Par zoom-Cinema.fr le 17 mars 2004.


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