La sédition est elle la solution ? (6 / 10)
Un sous-La Haine assez étrange, à l'image de son générique certes très clip et soigné mais totalement hors de propos. Ayant à l'époque déjà enflammé les controverses comme le fera ensuite son dyptique sur Mesrine, on voit quand même que Richet bosse avec Ma cité va cracker sur un produit de jeunesse cinématographique, mais pas forcément une erreur de jeunesse. La réalisation est parfois belle, parfois maladroite aussi, quant Richet vise un public jeune. Il est difficile de répondre quant au prétendu message de haine que le film pourrait apporter. Certes il montre les policiers d'une manière négative et les jeunes d'une facon un peu plus cool, mais le réalisateur ne sublime jamais la violence, même si cette dernière demeure très présente. Malgrés les intentions probablement louables, le film n'arrive cependant jamais à faire changer d'opinion le spectateur et reste en soi donc assez inoffensif. Néanmoins, la fin est pessimiste et assez intéressante en elle même, et la bande son est un 20/20 assuré.
Ma cité va cracker est un film perfectible et bancal mais pas totalement raté. On commet souvent l'erreur de mettre ce film en parallèle de La Haine, mais même si cette production a probablement surfé sur le phénomène et son engouement à l'époque, les deux longs métrage ne sont en rien comparables à l'exception de leur cadre scénaristique. Quand La Haine se veut un film léché, profond et implacable, qui prend le postulat d'un narrateur, Ma cité va cracker se veut lui brut de décoffrage, authentique, avec une caméra qui se place en témoin silencieux. Ici la violence est rude et sommaire, idiote car réaliste. Reste à voir un générique culotté qui fait poser Virginie Ledoyen avec un gosse en montant de manière malsaine une arme devant lui, au milieu de dizaines d'écrans télés retranscrivant des images d'actualité façon clip de Noir Désir, ainsi que des acteurs crevant l'écran par leur naturel et un soundtrack en béton armé, pour un film coup de poing qui frappe plus les murs que les spectateurs, mais qui possède quelques pistes de réflexion intéressantes, qui auraient pu être mieux abordées avec quelques années de plus au compteur du cinéaste et de son expérience avec la caméra.
Par Laurent B. le 12 mai 2010.


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