Madagascar 2 : la grande évasion
Secrets de tournage

Affiche miniature du film Madagascar 2 : la grande évasion Affiche du film Madagascar 2 : la grande évasion
 


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Ciné : 3 décembre 2008

Genres : Animation, Dessin-animé.
Nationalité : Américain

Secret de tournage du film Madagascar 2 : la grande évasion

Secret de tournage du film Madagascar 2 : la grande évasion

La suite de Madagascar

Après le succès du premier volet, Madagascar a droit à sa suite. Le titre : Madagascar 2, la grande évasion. Le long-métrage suit toujours le lion et ses amis dans de nouvelles aventures. Le casting voix est identique au premier épisode : Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer. Sans surprise, Madagascar 2 a pris la tête du box-office américain lors de sa sortie en novembre 2008. Il s'agit d'un nouveau succès pour les studios Dreamworks, quelques mois après Kung-Fu Panda.

Les raisons du succès

C’est à l’été 2005 que nous avons fait la connaissance de ces 4 sympathiques et inséparables New-yorkais que nous aurions volontiers accueillis chez nous s’ils avaient été moins remuants et de taille plus... modeste. Mais loger chez soi un lion, un zèbre, une girafe et un hippopotame demande des sacrifices qui ne sont pas à la portée du commun des mortels. Le fièr Alex, le très prolixe Marty, l’hypocondriaque Melman et la rondelette Gloria étaient finalement davantage à leur place sur les écrans de cinéma ou dans la jungle de Madagascar, où ils allaient en quelques semaines conquérir des millions de fans. Leur première aventure devint la comédie familiale n°1 de l’année, réalisant à travers le monde plus de 500 millions de dollars de recettes... Le scénariste/réalisateur Eric Darnell fut comblé, mais pas tellement surpris de ce succès : "Madagascar a plu parce qu’il réunissait des personnages plaisants et divertissants auxquels les gens pouvaient s’identifier. Les problèmes de nos héros, leurs carences, leurs angoisses ne vous empêchaient pas de sympathiser avec eux et de souhaiter leur réussite."

Le scénariste/réalisateur Tom Mcgrath enchaîne : "nous sommes tombés amoureux de ces animaux de zoo créés avec la complicité de Ben Stiller, Chris Rock, David Schwimmer et Jada Pinkett Smith, et cet amour a été largement partagé. Du thème classique Nature contre Culture, nous avons tiré cette aventure où quatre pensionnaires du zoo de New York sont projetés dans un monde différent et obligés de s’inventer un nouveau style de vie, de se forger de nouveaux liens d’amitié. Mais en terminant cette première histoire, nous savions déjà, avant la sortie du film, qu’il y avait beaucoup plus à tirer de ces quatre personnages."

La productrice Mireille Soria voit encore une autre raison au succès de Madagascar : "les gens ont aimé le style visuel, le côté très graphique des personnages, qui s’accorde si bien à leur drôlerie et à leur évidente intelligence. Le premier film traitait de l’amitié et de sa place dans nos vies. Il illustrait à sa manière l’extraordinaire diversité de New York, en postulant qu’un lion, une girafe, un zèbre et un hippopotame pouvaient cohabiter et devenir les meilleurs des amis. Une notion que nous avions envie de développer." Les premières discussions sur Madagascar 2 : La Grande évasion eurent lieu dans l’avion qui menait Jeffrey Katzenberg, PDG de DreamWorks Animation, et l’équipe sur le Vieux Continent pour la première européenne de Madagascar. "Au cours de ce voyage, nous avons posé les grandes lignes de cette nouvelle intrigue", indique McGrath. "Supposons que nos quatre héros quittent Madagascar et rejoignent l’Afrique pour un retour à la «mère patrie»? Quatre New-yorkais dans les plaines africaines ? Dépaysement maximum garanti !" Un nouveau producteur, Mark Swift, a rejoint l’équipe : "pendant que Mireille terminait Madagascar, je travaillais au court métrage des Pingouins, titré «A Christmas Caper. J’aime à croire que ce sont eux qui m’ont pris par la main et amené sur le second film."

Pour Eric Darnell et McGrath, Madagascar 2 : La Grande évasion constituait le prolongement naturel d’une collaboration pleinement aboutie. Eric Darnell : 'Tom et moi travaillons vraiment bien ensemble : chacun de nous réagit aux idées de l’autre, joue avec et les lui renvoie, encore améliorées. Nous nous efforçons d’œuvrer le plus possible en tandem, côte à côte, afin de nous exprimer d’une seule et même voix. Des productions comme celle-ci exigent parfois que les associés se séparent temporairement, l’un travaillant sur l’animation tandis que l’autre dirige, par exemple une séance d’enregistrement. Nous nous plions à ces contraintes mais nous préférons notre méthode car elle nous est la plus bénéfique." Les deux artistes se rencontrent chez DreamWorks il y a huit ans, et sont instantanément sur la même longueur d’onde. C’est Madagascar qui leur fournit une première occasion de travailler en tandem.

Le scénario

Les scénaristes ont fait d’Alex le pivot de l’histoire. Alex a été le Roi de New York, la star du zoo de la ville, ce qui ne l’aide guère dans les vastes plaines africaines. Marty a toujours rêvé de «faire partie du troupeau», mais comment réagira-t-il au milieu de centaines de congénères, tous identiques à lui ? Gloria, qui a légèrement mûri, pense qu’il est grand temps de nouer une relation sentimentale. Melman se retrouve entouré de ses semblables, en même temps qu’il découvre ses sentiments profonds pour Gloria... et l’existence d’un rival. Le premier film se partageait entre temps forts comiques et phases plus «méditatives», où les personnages découvraient en eux-mêmes des émotions ou des sentiments inattendus. Focalisé sur l’idée de famille et de groupe, a permis de multiplier ces révélations. Chaque habitant du zoo est ainsi amené à s’interroger sur son identité, ses objectifs, ses amours. D’où une série de nouveaux défis pour les animateurs, confrontés à la rapide maturation des personnages et à l’enrichissement de leur «vécu». Tom Mcgrath : "ce sont de nouveaux défis mais nos animateurs savent bien ce qu’on attend d’eux. À en croire une vieille blague, ce sont fréquemment des acteurs frustrés qui redoutent de se produire en public et préfèrent s’exprimer à travers leurs créations. Ce qui leur réussit d’ailleurs fort bien..."

Les effets spéciaux

Le superviseur d'effets visuels Philippe Gluckman avait déjà passablement "souffert" sur Madagascar, mais ce n’était qu’un début. Philippe Gluckman : "créer la jungle du premier film, avec sa flore surabondante et sa faune velue à souhait, avait été un accomplissement majeur. Mais cette jungle, du fait de sa densité, nous dispensait de créer de nombreuses plantes. Les paysages africains, à l’inverse, sont totalement ouverts et livrent au regard d’immenses étendues de savane, un élément naturel très difficile à recréer : il faut générer à l’ordinateur chaque brin d’herbe." Suite à son périple africain, Gluckman prit conscience d’un autre problème : l’immensité du ciel... et son instabilité. Pour en tenir compte, la production s’est dotée d’un nouveau logiciel lui permettant de créer des nuages en 3D qui pourraient être éclairés par les ordinateurs. Eric Darnell : "c’était un défi technique et une grosse charge de travail, mais cela nous a fourni une notion précise de l’échelle de ces éléments naturels, de leur ampleur, de leurs interactions. Cela nous a permis de donner vie à ce ciel et d’y retrouver ce que nous avions ressenti en Afrique."

Les peintres de mattes ont joué un rôle déterminant dans la création de ces espaces où s’ébattent des milliers d’animaux au milieu d’éléments naturels vivants et mouvants, aussi divers que l’eau ou les milliards d’herbes de la savane, qui, loin d’être statiques, devaient réagir au vent et au passage des troupeaux. La technique est venue une fois encore à la rescousse, en fournissant à l’équipe un nouveau logiciel pour faire «pousser» ces hautes herbes et en contrôler les mouvements. On mesure les immenses progrès accomplis depuis le début du tournage de MADAGASCAR, lorsque les personnages ne pouvaient ni ramasser un objet, ni se passer la main (la patte) dans les cheveux (le pelage, si vous préférez). Scott Peterson (Superviseur effets visuels) : "nous avons beaucoup travaillé à la représentation des herbes. Le plus difficile était de les faire réagir à la présence d’un personnage. Nous avons d’abord tenté une animation scientifiquement correcte, mais le résultat n’était pas très esthétique. D’où la décision d’embellir l’image en introduisant un «effet vent» très focalisé, qui ajoute un mouvement secondaire." De tels effets demandent d’innombrables heures de travail, tout en ayant vocation à rester quasiment invisibles et à ne jamais attirer sur eux l’attention du spectateur.

ll a fallu aussi contrôler minutieusement les évolutions et comportements des troupeaux qui se déplacent dans la savane. Eric Darnell : «lorsque vous disposez dans un plan des centaines de personnages humains ou animaux, vous devez rendre cette «foule» vivante et organique. C’est facile d’introduire un petit personnage qui agite la main en faisant «coucou» toutes les 15 secondes mais si le plan dure un peu plus longtemps, le cycle se répétera 2, 3 fois, et le spectateur remarquera un truc. Cela devient vite intenable si le comportement des autres personnages n’est pas plus varié. C’est donc un réel défi artistique et technique d’animer des foules de façon naturelle. Une autre difficulté se présentait ici : comme faire en sorte que nos héros se détachent au sein de ces immenses troupeaux en mouvement ? Savez-vous pourquoi la nécessité de corriger la Nature en remettant, par exemple, un peu de couleur sur la pelage de la bête ou en estompant les couleurs de l’herbe." On comprend alors que les heures de «rendu» de Madagascar 2 : La Grande évasion se chiffrent à près de 30 millions contre... 12 millions pour le premier film.

La scène du crash

Une grande séquence d’action (comique) comme celle du crash de Madagascar 2 : La Grande évasion ne s’improvise pas. Elle résulte d’un long processus, qui s’étale parfois sur des mois, et implique moults essais, ajouts, changements et corrections. Tom Mcgrath en avait eu l’idée initiale, une nuit d’intense fièvre créatrice : "je l’ai dessinée à grands traits mais ces quelques planches ont fini par constituer une référence permanente, de sorte que le résultat final leur correspond fidèlement."Entre-temps, le groupe que Mireille Soria a baptisé «les Chevaliers de la Table Ronde» a contribué tout entier à la scène, lui apportant ses propres idées. Pour la scène du crash, les animateurs et artistes layout ont accepté d’être ceinturés sur des sièges, la tête en bas (!), puis d’être filmés sous tous les angles par des caméras agitées de terrifiants soubresauts. Les effets visuels ont ajouté plus tard au réalisme de la scène en simulant de violents effets de souffle, d’arrachement de tôles, etc. L’idée était, bien sûr, de donner un maximum d’intensité comique à la scène, en mêlant gags et hyperréalisme. "On a vraiment l’impression d’être aux côtés de nos personnages", observe Darnell, "mais cela reste drôle parce que solidement ancré dans les concepts introduits par Tom." Et Scott Peterson d’ajouter : "chaque plan de cette scène renferme 15 à 30 éléments. Il nous est arrivé de consacrer 6 semaines à un plan de 3 secondes. Au risque d’enfoncer le clou : c’est un gros investissement."

Par zoom-Cinema.fr le 3 décembre 2008.

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