Secret de tournage du film Marie-Antoinette
Présenté au festival de Cannes 2006
Après Virgin Suicides et Lost In Translation, le troisième film de Sophia Coppola, Marie-Antoinette, a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2006. Depuis son premier long-métrage, "la fille de" s'est imposée dans la cour des grands.
Tout comme Kirsten Dunst, qui depuis Virgin Suicides, navigue entre succès mondiaux (Spider-Man) et films plus confidentiels (Eternal Sunshine of Spotless Mind, La plus belle victoire)
700 pièces, 2000 fenêtres, 1250 cheminées
Sophia Coppola est une cinéaste pointilleuse. Après s'être déplacée au Japon en apportant un soin tout particulier aux décors de Lost In Translation, la réalisatrice a cette fois travailler sur le moindre détail concernant la véracité historique pour Marie-Antoinette. A commencer par le décor principal du long-métrage. Versailles. Avec ses 700 pièces, 2000 fenêtres, 1250 cheminées, 67 escaliers et ses quelques 700 hectares de jardin à la française, il s'agissait d'un lieu de tournage unique, qui constituait néanmoins undéfi. De nombreuses règles ont dû être respectées pour maintenir le lieu en l'état. Dans certaines chambres, l'équipe n'a pas pû pouvions ouvrir les persiennes, parce que le moindre rayon de soleil aurait suffi à ternir les tissus, ou même à les faire se désintégrer. Ni utiliser le mobilierdu Château. Le Château de Versailles est aussi une attraction touristique, qui est resté ouvert pendant le tournage, ce qui a compliqué les choses. Malgré le cadre, Sophia Coppola souhaitait apporter son style contemporain au récit. Aux côtés du décorateur K.K. Barrett, et du chef-opérateur Lance Acord, la costumière Milena Canonero a aidé la réalisatrice à trouver une palette esthétique différente des films historiques traditionnels. Beaucoup de lumière, des couleurs de sorbets, un ton emprunté à la photo de mode ; puis, quand Marie-Antoinette devient mère et s'installe au Petit Trianon, le style devient plus naturaliste; et finit par être enfin plus sombre pour la dernière partie, alors que la Révolution menace, et que la reine devient adulte.Les costumes
Marie-Antoinette a gardé jusqu'à aujourd'hui une réputation d'élégante. Quand elle arrive en France, la mode invite la noblesse à l'extravagance, et la dauphine adopte les robes à panier ou à grande traîne. C'était aussi l'époque de la Belle Poule, une coiffure de plus en plus haute, montée sur un coussin de crin, ornée de plumes, ou même de fruits, légumes, objets divers. La reine se coiffe ainsi, mais provoquera quelques années plus tard un revirement de mode, entraînant la Cour vers des vêtements plus simples. En Milena Canonero, Sophia Coppola a trouvé une créatrice de costumes possédant à la fois une sérieuse culture historique, et l"inventivité nécessaire pour donner à la garde-robe une allure moderne. Milena Canonero a utilisé un mélange de pièces d"époque et de créations originales, important des mètres de tulle, d'organza, de taffetas de maisons spécialisées en Angleterre et en Italie, ainsi que des milliers de plumes pour créer un arc-en-ciel de vêtements royaux. Des chapeliers ont fabriquédes centaines de chapeaux, et des heures ont été passées à broder des boutons.Pour les costumes de Kirsten Dunst, Milena Canonero a travaillé de très près avec Sophia Coppola. Beaucoupde femmes, à lépoque, portaient des perruques, mais la costumière et la cinéaste ont choisi un look plus naturel pour Kirsten Dunst : sa coiffure est parfois poudrée, mais sa blondeur naturelle respectée. Quant au maquillage, il montre la fascination du XVIIIème siècle pour des rouges épais. En complément du travail sur le personnage de la reine, Milena Canonero a également habilléla Cour, avec un soin particulier apporté à la Comtesse de Noailles, jouée par Judy Davis, et à Madame du Barry, jouée par Asia Argento.
Par zoom-Cinema.fr le 24 mai 2006.


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