Critique du film Mission evasion (4 / 10)
UN HOMME
D'HONNEUR
Surprise! Pour une fois la vedette n'est pas, contrairement à ce que
suggère l'affiche, Bruce Willis ("Piège de cristal", "L'armée des douze singes", "Le cinquième
élément", "Sixième sens").
Le vrai premier rôle est celui du lieutenant Thomas W.
Hart, tenu par l'Irlandais Colin Farrell ("Ordinary Decent Criminal", "Tigerland", et
prochainement dans "Minority Report"). Son personnage, un jeune "bleu" à la conscience
tourmentée, ne joue pas les héros à la "Piège de cristal" ou autres "Independence day" mais
seulement un jeune lieutenant solitaire qui tente d'assumer son grade malgré les circonstances.
Son impressionnante interprétation demeure certainement l'un des points forts du
film.
Qu'on ne s'y trompe pas, même si les héros ici sont bel et bien des
Américains en uniformes, "Mission évasion" est une agréable surprise : un film qui tiendrait plus
de "La grande évasion" que des habituels blockbusters d'actions (le titre paraît d'ailleurs ne
pas nécessairement satisfaire l'esprit du film).
Les toutes premières scènes
fournissent leur lot de fusillades et explosions pour laisser en suite la part belle aux tensions
psychologiques. Terrence Howard ("Dead presidents", "Angel eyes", "Glitter"), alias le lieutenant
Lincoln A. Scott, crève l'écran et vole, lui aussi, un peu la vedette à Mister Willis. Il
incarne celui par qui vient l'histoire et par qui apparaîtra l'inévitable (et très américaine)
morale finale.
Mais le personnage le plus intéressant est de loin celui de Marcel
Iures (Le colonel Werner Visser). Mystérieux et ambigu chef nazi du camp, il n'est pas tout à
fait méchant mais pas pleinement gentil pour autant. Malheureusement, un trop plein de
"gentillesse" semble porter un coup à la crédibilité de l'ensemble.
Bref, "Mission
évasion" est un film sur la guerre? sans la guerre. Ici point de champ de bataille.
Juste un récit brillamment entretenu et une intrigue plutôt bien menée (même s'il y en aura
toujours pour dire qu'elle est téléphonée). Le film est un condensé d'une foule de bonnes idées
(comme un chef nazi qui a fait ses études aux Etats Unis et écoute de la musique jazz afro
américaine) et de détails historiques, à l'image du POW (Prisoners Of War) inscrit sur le toit
des trains pour éviter les bombardements alliés.
L'histoire du noir maltraité par
des méchants blancs n'est finalement ici que prétexte à montrer une armée américaine envoyée
pour combattre les "forces du mal" alors qu'elle est elle-même infestée par le racisme. Seule
une interrogation subsiste : mais que fait Bruce Willis dans ce film?
- Justine C@ssu
-
Par zoom-Cinema.fr le 29 mai 2002.


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