Critique du film OSS 117 : Le Caire nid d'espions (8 / 10)
DOUBLE ZERO
Double retour. Celui de l'agent OSS 117. Et de Jean Dujardin, après le succès de Brice de Nice. L'acteur relève le défi haut la main, en faisant oublier avec ce nouveau rôle le surfeur bellâtre, qui lui-même faisait oublier la série Un gars, une fille. Pour ceux qui en douterait encore, Jean Dujardin possède plus d'une corde à son arc, et compte bien brouiller les pistes. Ici, il incarne avec une justesse remarquable un agent secret, gaffeur, mais pas trop. Macho, raciste, maladroit. Seul point de filiation avec Brice : le sens de l'absurde. Le comédien possède un sens du tempo pour lancer ses réparties, et ses vannes. Résultat : elles touchent leur cible, avec une efficacité maximum.Avec sa moustache à la Clark Gable et son sourire carnassier, Jean Dujardin fait des merveilles. Irrésistible. Notons au passage l'écriture très fine du scénario de Jean-François Halin (Les Guignols) et Michel Hazanavicius (Delphine 1, Yvan 0), truffée de second degré et de trouvailles. Au hasard citons ce gag redondant, mettant en scène un sous-fifre informant son patron du déplacement d'OSS 117. A la troisième apparition, le spectateur s'esclaffe, devant la mécanique irrésistible. Ou encore, cette audace suprême, en ces temps de politiquement correct, où notre héros va frapper le muezzin en plein prêche, pour enfin dormir.Le réalisateur et son comédien principal, au diapason, ont le mérite de créer un univers cohérent, à mille lieux du tout-venant la production hexagonale. Soulignons également le joli travail sur les ambiances des années 50, et l'image Technicolor. Après Jean-Philippe et Enfermés Dehors, OSS 117 s'impose comme un nouvel exemple brillant du renouveau de la comédie française.
Par zoom-Cinema.fr le 19 avril 2006.


Soyez le premier à commenter ce film !