Critique du film Quand j'étais chanteur (6 / 10)
UNION LIBRE
Nos confrères se sont beaucoup extasiés devant la « performance » d'un Gérard Depardieu, après quelques égarements et autres rôles plus propices à combler son compte en banque que marquer les esprits. Il est vrai que l'acteur retrouve sa modestie, pour incarner un personnage ordinaire et dépassé. Epousant les contours d'une figure locale désabusée et lucide sur sa ringardise. Si l'interprétation demeure délicate, elle n'en a rien non plus de transcendante, pour la trempe d'un comédien talentueux, qui avait atteint les cimes avec Cyrano de Bergerac. Plus surprenant en revanche reste le jeu de Cécile de France, toute en retenue, véritable antithèse du numéro déjanté qu'elle nous avait offert dans Les Poupées Russes. Deux acteurs au diapason, qui surfent une partition vide. Xavier Giannolli doit tout à ses acteurs. A y regarder de plus prêt, le script libre fait la part belle aux comédiens, certes, mais ces derniers se trouvent littéralement en roue libre, dans cette histoire d'amour impossible, à l'instar d'In the Mood for love de Wong Kar-Waï. Comme le réalisateur asiatique, Xavier Gianolli prend son temps pour installer une relation émouvante. Mais elle s'étire en longueur, au point que le spectateur en vient à bailler au corneil, devant le manque d'intrigue et de réflexions brassant les lieux communs. Vient s'ajouter à ce supplice une bande-originale que seuls les plus nostalgiques (Daniel Guichard) supporteront.Reste quelques jolis moments de grâce, à l'instar de cette scène finale où le réalisateur parvient à atteindre un climax en matière d'émotion : sans le moindre échange verbal, la musique de Christophe, Les paradis perdus, vous hérisse les poils. Mais cet instant de pure magie, comme seul le septième art sait nous en offrir, n'arrive pas à gommer la vacuité d'un projet qui flirte avec le néant.
Par zoom-Cinema.fr le 13 septembre 2006.


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