I wanna be a rock'n'rolla ! (7 / 10)
Guy Ritchie revient à ses premiers amours, nous pondant une repompe facile mais efficace de ses deux premiers films Snatch et Arnaques, crimes et botanique. Ritchie nous plonge à nouveau dans le film d'arnaque, avec des petits malfrats de seconde zone qui nagent dans des eaux trop profondes pour eux, une histoire alambiquée de truands qui règlent leurs comptes entre eux et dont on apprécie le montage rythmé et le scénario particulièrement truculent dans un Londres assez inattendu. Le tout est un spectacle à voir au second degré pour en apprécier l'humour féroce. Et ça fait plaisir, deux heures de défouloir, de bonne musique dans les oreilles, de poursuites, de répliques qui claquent, de retournements de situations, bref du fun. Les persos sont comme à leur habitude ultra barrés, la narration lumineuse, la bande son mortelle et le visuel décalé. Le film entremêle ses fils narratifs en une suite d'imbroglios complètement fous à la manière des deux premiers opus du cinéaste, et les évènements s'accélèrent à toute vitesse. A défaut de profiter d'un effet de surprise disparu depuis, le tout a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. Entre des mafieux russes invincibles légèrement homosexuels, des gangsters anglais à coté de la plaque et une rockstar toxico-christique, les scènes délirantes s'accumulent autour de personnages forts, d'un déclieux humour noir et cynique, et d'une réalisation pertinente et dynamique.
De l'intro ultra fendard aux scènes de bastons chirurgicales, le film est un concentré de vitamine servi par un montage toxicomane et une bande son qui envoie, et des rôles à contre courant qui collent comme un gant aux acteurs (Toby Kebbel, formidable, et Gerard Butler, hilarant). Quelques très belles scènes (la métaphore du paquet de cigarettes, le trip sur The gun de Lou Reed...) pour un film qui ne révolutionnera ni le cinéma de Ritchie ni les films de gangsters anglais, mais qui a le mérite de stimuler les zygomatiques sans prétendre à quoi que ce soit d'autre. Enfilez vos lunettes de soleil, décapsulez une bière glacée, et plongez dans l'univers des rocknrollas pour un foutoir hystérico-comique de deux heures aux côtés de cette bande de vrais durs un peu crétins qui prouvent que même après des échecs, Guy Ritchie ne perd pas la main .
Par Laurent B. le 6 mai 2010.


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