Critique du film Shrek (7 / 10)
CONTE D'EFFETS
Shrek, premier dessin animé sélectionné à Cannes depuis "Fritz the cat" en 1973, débarque enfin sur les écrans français. Le dernier né des studios d'animation Dreamworks, auteur du déjà excellent "Fourmiz", passe ici à la vitesse supérieure, du moins dans sa forme.Rarement une oeuvre d'animation aura été aussi réaliste notamment dans l'expression des personnages. Shrek et ses collègues grimacent à foison. On est bien loin des visages monolithiques des Toy Story et consorts. Pour illustrer ces prouesses visuelles, les scénaristes ont opté pour une histoire des plus classiques en narrant le sauvetage d'une princesse par un ogre.
Si classique est l'histoire, son traitement l'est beaucoup moins. Dans Shrek, on pète, on rote à loisir. Surtout, on brocarde joyeusement toute l'imagerie enfantine. L'univers des contes de fée en particulier ceux estampillés Disney en prend pour son grade. Certaines oeuvres du cinéma classique ne sont pas épargnés notamment le Robin des Bois d'Errol Flyn ou plus récemment Matrix. Un final des plus sirupeux: dommage ... La parodie est portée à son paroxysme dans la première partie: à mesure que l'histoire se déroule Shrek se fait moins insolent pour se clore sur un final des plus sirupeux. En voulant contenter adultes et enfants, les scénaristes ont préféré revenir aux vieilles bases qui font le succès des contes. Résultat, le "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" est ici de mise. Dommage.
Quoi qu'il en soit et malgré cette baisse de régime, la dernière production Dreamworks par son insolence si atypique dans l'animation américaine est appelée à devenir un des fleurons du genre.
Par zoom-Cinema.fr le 1 juillet 2001.


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