Critique du film Spider (7 / 10)
L'ARAIGNEE, L'ARAIGNEE
- "Et puis tu te rapproches et tu te rends compte que ce n'est pas du tout de la mousseline"
Chaque nouveau film de Cronenberg est toujours un événement en soi. Chacune de ses histoires, adaptations ou scripts originaux, profitent toujours d'un traitement unique, marque de fabrique du réalisateur Canadien et projection visuelle de son univers fascinant.
Et lorsque l'eXpérienZ laisse sur sa faim, la déception est d'autant plus crashante.
La productrice Catherine Bailey, après avoir refilé le bébé arachnéen à un Ralph Fiennes qui aurait eu bien tort de laisser échapper une telle composition, peut dormir tranquille quant à sa crédibilité artistique. Les deux porteurs du projet n'ont pas attendu cinq ans pour rien.
Cronenberg magnifie par sa mise en scène (des plans qui ressemblent à des tableaux) et ses choix narratifs (pas de voix off dissertant sur la vie, la folie, la mort etc.) une adaptation déjà excellente du roman de Patrick McGrath.
Préférant les démons freudiens à ses théories, le film entrecroise les niveaux de réalité s'entrechoquant dans la tête de Spider, que Ralph Fiennes interprète avec plus de folie ordinaire que dans un conte d'Edgar Poe, ce qui n'est pas mince comme performance d'acteur.
La manière dont les personnages s'interchangent et se retrouvent dans des zones intemporelles rappelle un peu certains films de Lynch (le plus proche thématiquement parlant étant évidemment Lost Highway), à la différence que le spectateur n'est jamais vraiment perdu dans d'inexplicables méandres scénaristiques.
Cronenberg tisse sa toile filmique sans oublier d'emprisonner son public avec une implacable attraction cinématographique, et offre au passage un superbe cadeau à Miranda Richardson, qui passe de la pute à la mère soucieuse avec une gamme de nuances qui devrait lui ouvrir pas mal de portes.
- L@urent C@mite
Par zoom-Cinema.fr le 13 novembre 2002.


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