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Cannes 2010 : Jafar Panahi s'adresse à la Croisette et entame une grève de la faim en prison

C'est officiel ! - Le 20 mai 2010 à 14h35

Abbas Kiarostami, lui aussi iranien et cinéaste, avait demandé mardi sa libération durant une conférence de presse. Jafar Panahi, 49 ans, est toujours emprisonné à Téhéran depuis le début du mois de mars, pour avoir préparé un film sur les manifestations de 2009 ayant suivi l'élection truquée de Mahmoud Ahmadinejad. Un film qu'il n'a jamais réalisé, l'homme étant emprisonné pour avoir laissé entendre qu'il allait se lancer dans le projet.

Samedi, le cinéaste exposait ses remerciements envers la France et les cinéastes le soutenant au travers d'une lettre écrite depuis sa prison et lue par le Ministre de la culture Frédéric Mitterrand. Lion d'or à Venise en 2000 pour Le Cercle et Ours d'argent à Berlin en 2006 pour Hors-jeu, Jafar Panahi a dénoncé de "mauvais traitements subis dans la prison d'Evin" et annoncé avoir entamé une grève de la faim pour obtenir sa libération, dans un message mis en ligne mardi par le site de la revue La Règle du Jeu, transmis par Abbas Baktiari, directeur du centre culturel Pouya, et publié après "consultation" des proches du cinéaste, précise la revue dirigée par Bernard-Henri Lévy.

"Je n'ai rien bu ni mangé depuis dimanche matin, et je jure sur ma croyance, le cinéma, que je ne cesserai ma grève qu'une fois mes volontés assouvies : contacter et voir ma famille et l'assurance totale de leur sécurité, le droit d'avoir et de communiquer avec un avocat, après 77 jours d'emprisonnement, une liberté sans condition jusqu'au jour de mon jugement et du verdict final", expliquant par ailleurs que "les gardes de la prison ont menacé d'emprisonner ma famille à Evin et de maltraiter ma fille dans une prison insécurisée dans la ville de Rejayi Shahr". Panahi accusait déjà ces derniers de l'avoir dénudé lui et ses camarades de cellules pour les garder dans le froid pendant plus d'une heure. "Ma dernière volonté est que ma dépouille soit rendue à ma famille pour qu'elle puisse m'enterrer où elle le souhaite", conclut-il.

La couverture médiatique que représente Cannes et ses milliers de journalistes aura-t-elle un impact sur le sort du cinéaste aux mains des autorités iraniennes ? Nombreux sont ceux qui l'espèrent, et ici à Zoom Cinéma aussi. Mais le ton des missives de Panahi laisse planer la plus grande inquiétude quant à sa situation physique et morale, actuelle et future...

Par Laurent B..



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