Critique du film Amen (8 / 10)
MENSONGES ET TRAHISONS
Constantin Costa-Gravas a le don d'interpeller le spectateur : Z , mais aussi Le couperet, long-métrage sur le chômage et ses méfaits. Ou encore Amen. Difficile en effet de ne pas être interpellé par ce sujet fort, les relations entre le III Reich et Le Vatican. La sobriété de la mise en scène se révèle tout au service de film coup de poing. Les interprètes principaux, Mathieu Kassovitz et Ulrich Tukur, demeurent au diapason. Une austérité bienvenue, un scénario intelligent, où de l'Histoire écrase les destins individuels. Amen marque assurément les esprits durablement.
PAS D'ACCORD !
AU NOM DU PERE, DU FILS ET DU VAIN ESPRIT
Principal intérêt d'Amen : son sujet, dérangeant et donc stimulant pour l'intellect un tant soit peu curieux. Difficile de ne pas être interpellé par une histoire aussi édifiante qu'authentique, qui plus est intelligemment scénarisée. Le film peut ainsi se vanter d'une dimension historique forte, aussi bien au début (entrée en matière choc) qu'à la fin, où le poids de l'Histoire écrase les destins individuels. Le problème, c'est qu'entre les deux l'ennui s'installe presque constamment, tout juste interrompu par quelques répliques sensées nous faire dire dans notre voix intérieure "mais c'est horrible !" (mais qui en doutait ?) ou par l'interprétation intense d'Ulrich Tukur (méconnu de ce côté du Rhin) qui restitue impeccablement toute l'ambiguïté de son rôle. En revanche, affublé d'un personnage trop effacé, Mathieu Kassovitz est transparent (à l'exception d'une scène, ce qui sur deux heures ne fait pas bien lourd). Mais là où le bas blesse plus que partout ailleurs, c'est au niveau de la mise en scène. Pas franchement inspiré, jamais créatif, Constantin Costa-Gravas enchaîne plans impersonnels et tics formels convenus (voir l'image récurrente du train ou les zooms sur les visages lorsque l'heure est grave). Ce qui donne à "Amen." une esthétique plutôt téléfilm. Bon et intéressant feuilleton, certes, mais certainement pas le grand film de cinéma que l'on attendait.
Par zoom-Cinema.fr le 27 février 2002.


Ce film a 1 commentaire.