Interview de Christophe Blanc, François Cluzet et Jonathan Zaccaï pour Blanc comme neige.
Alors que le film Blanc comme Neige sort sur nos écrans le 17 mars 2010, ZoomCinéma a rencontré pour vous l'équipe du film. C'est en présence des acteurs François Cluzet et Jonathan Zaccaï, et du réalisateur Christophe Blanc que nous avons pu partager un moment d'échange unique.
zoomCinéma : Comment avez-vous construit votre scénario ?
Christophe Blanc : j'ai voulu construire le scénario en plusieurs mouvements distincts. Le film est écrit en plusieurs actes. En fait, l'idée était de partir sur un film très coloré et foisonnant pour finir sur un film très épuré et blanc.
zC : Christophe Blanc, comment avez-vous choisi votre casting ?
Christophe Blanc : J'ai du mal à penser à des acteurs lorsque j'écris un scénario. J'aimerai bien écrire pour un acteur en particulier... Mais je n'y arrive pas. Evidemment j'ai des images d'acteurs mais rien de très précis. Dans mes films, je cherche plutôt à créer une famille d'acteurs. Le casting est un puzzle : il faut qu'il y ait des énergies qui circulent entre les acteurs, exactement comme dans un orchestre. C'est important qu'il existe une alchimie entre les acteurs.
Jonathan Zaccaï : Je suis tout à fait d'accord avec Christophe. Plus les acteurs apprécient de jouer ensemble, plus les scènes seront réussis, c'est évident. Et c'est réellement ce qui s'est passé sur le tournage de Blanc comme neige.
zC : Où avez-vous tourné les scènes de neige, qui sont censées se passer en Finlande, et comment cela s'est-il passé ?
Christophe Blanc : En Finlande ! Toute la partie avec les étendues de neige se sont vraiment tournées en Finlande. Je voulais un pays qu'on voit rarement à l'écran. Moins déjà vu que la mafia russe... En Finlande, il y a énormément de trafic, notamment de voitures, surtout au niveau de la frontière au Nord.
Et puis, la Finlande est un pays tout en longueur, comme une grande page blanche. C'est un drôle de pays. Sur ce film, j'ai joué avec des acteurs finlandais. Ils ont une espèce de "noirceur joyeuse". Je n'avais aucune idée préconçue sur eux car je ne les avais jamais rencontrés. Et je crois que c'est aussi ce qu'ils ont apprécié. Je leur ai proposé des rôles qu'ils n'avaient pas l'habitude de jouer !
zC : Pourquoi avoir placé ce thriller dans un cadre familial ?
Christophe Blanc : J'ai voulu parler de choses simples que toutes les familles connaissent, mais dans une situation exceptionnelle. Je voulais un thriller dans une famille comme dans le film 7h58 (Ce Samedi Là) de Sidney Lumet. La famille dans la rivalité est un sujet intéressant à traiter. J'aime voir comment la fratrie évolue lorsqu'elle est placée dans une situation inhabituelle.
zC : François Cluzet et Jonathan Zaccaï, qu'est-ce qui vous a fait accepter vos rôles respectifs dans cette fratrie, justement ?
François Cluzet : Ce script est un script de qualité. Il est différent des clichés sur les vilains, les bandits, et sur les perdants et gagnants... C'est cela qui nous a séduit. Ce film, je le défends : le réalisateur a su nous accompagner. C'est un film en collaboration où il y a une réelle idée de fratrie. Christophe Blanc n'a pas voulu maitriser le film à tout prix, nous avions aussi notre mot à dire.
Jonathan Zaccaï : J'ai beaucoup aimé la fratrie qui a régné sur ce film. Nous étions tous différents, mais nous cherchions tous une chose : la communication et le lien. François Cluzet a assez de talent pour aimer les autres. Ce film est généreux car tout le monde peut jouer "son propre film" dans le film. Par exemple, Abel, mon personnage, je le vois bien en mode "Hôtel California" dans le métro avec son chien.
François Cluzet : Oui tout à fait ! Ce qui est intéressant, c'est l'interactivité entre les acteurs. C'est cela le plus important. Le fait de jouer "ensemble" est mieux que seul car le réalisateur se dit "ah, il se passe quelque chose..." Les meilleurs acteurs jouent ensemble : ensuite, ce qui doit gagner, c'est la mise en scène. Un acteur seul n'est rien. D'ailleurs je considère que je ne sais pas jouer. C'est d'échanger avec un autre acteur qui crée cette étincelle que l'on voit à l'écran. Mais tout seul, on ne fait pas grand-chose.
Christophe Blanc : J'aime pouvoir me raconter des choses sur tous les personnages d'un film. C'est important de voir que chaque personnage EXISTE vraiment en tant que personne unique. Lorsque l'on voit le film, on se dit que vraiment, le personnage est réel, il existe en dehors de l'histoire. Et chaque personnage est réel, il n'y a pas vraiment de rôle secondaire...
François Cluzet : Il n'y a pas une seule personne dans le film qui soit le faire-valoir du personnage central. Chacun a son histoire à raconter.
Par Diane T. le 9 mars 2010.


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