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Casshern
Critique du film

Affiche miniature du film Casshern Affiche du film Casshern
 


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Ciné : 26 October 2005

Genre : Drame.
Nationalité : Japonais

Chaos, confusions et surenchère (1 / 10)

Un manga live adapté d'une bande dessinée sentaï (super héros japonais en armures de combat, cf. Bioman et ses consorts) parue dans les années 70, on  pouvait au moins espérer un nanard jouissif à défaut d'un vrai film. Sorti dans 5 salles en France, Casshern a fait un bide monstrueux, et on ne le comprend qu'en osant regarder le film, première oeuvre d'un transfuge du monde japonais de la pub et du clip.

Anarchie visuelle sans nom qui ferait passer David Lynch et Richard Kelly pour des intellectuels du cinéma expérimental, Casshern est ce genre d'oeuvre unique qui traumatise le spectateur, mais pas forcément dans le bon sens du terme. Le film a le mérite de proposer un grand n'importe quoi visuel mélangeant effets spéciaux fluo et images de synthèses aussi grossières qu'une vieille séquence vidéo d'un jeu Playstation de l'époque.  De vrais acteurs qui évoluent dans des décors tous droits sortis des Playmobil, des filtres à la tonne partout, des musiques poignantes, des mélanges du genre (drame, SF, bagarre sentai, film de samurai..) et un design pour le moins steampunk rococo, le tout dans des décors et des designs évoquant sporadiquement Final Fantasy, Jin Roh, Metropolis ou encore Terminator. Le film se sauve du déshonneur total par deux petits atouts : une séquence animée où des robots envahissent les villes en ombres chinoises à la manière d'un comic-live (dans la veine des séquences animées de Kill Bill) et  une bagarre jouissive où le héros démonte une armée entière de mechas tout seul,  version "real movie" des classiques des D.A de robots japonais, qui place Iron Man et autres X-Men aux rang de productions molles de la baston. Voila pour le positif.

Les problèmes ? La narration est une véritable horreur, le scénario d'un classicisme niais et dramatiquement prévisible, les thèmes sont abordés par douzaines sans subtilité, la bande son est insupportable, oscillant entre violons larmoyants et hard rock balourd, le rythme est long et poussif, les looks des vilains ressemblent à des gravures de mode j-pop... Visuellement, si ça a le mérite d'être culotté, c'est souvent immonde ou pas crédible pour un sou, le montage est clipesque et part dans dans tous les sens, Comme dans beaucoup trop de  films adaptant des mangas, le tout est enroulé d'une pseudo philosophie de comptoir sur la vie, la mort, la guerre et la violence, qui n'apporte rien sinon essayer d'en mettre plein la vue avec le traditionnel monologue final en prime, plus quelques trucs sans explications, histoire de faire croire au spectateur qu'il peut interpréter lui même. Sans oublier qu'il faut supporter les excès navrants des japonais qui font les gros yeux et beuglent à tout bout de champ quand ils veulent la jouer mélodramatique.

Casshern a des qualités, on ne peut pas tout lui retirer. Une certaine originalité quand même, des idées visuelles, un monde à lui, quelques moments poétiques, des fulgurances de mouvements. Mais il faut aussi et surtout un metteur en scène talentueux pour organiser tout ça. Et ici, il est évident qu'on tient un gros clip de deux heures et demi, mais pas du cinéma. Sorti dans le même temps, Yesterday, technopolar anticipatif du réalisateur de Wonderful days, était plus réussi. Même effets spéciaux en carton et scénario vu et revu, même longueurs et même classicisme du méchant victime, mais le tout avait encore un semblant de cadrage cinématographique. Ce qui manque au final à ce "film qui n'en est pas un".

Par Laurent B. le 30 April 2010.

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