Le (long) chemin de la liberté (6 / 10)
Bien curieuse réalisation qu'a pondu Steven Soderbergh avec ces Che. Se refusant à tout spectacularisme, la mise en scène se fait parfois proche du documentaire, la caméra à l'épaule étant même de mise à plusieurs reprises. D'un point de vue esthétique les films sont une vraie réussite. Mais c'est surtout la mise en scène qui marque. Soderbergh place la caméra là où il faut la placer. Les scènes d'actions sont d'une maitrise remarquable et Benicio Del Toro est très bon, bien qu'il n'y ait pas vraiment de "performance".
Le gros point faible est sans doute le parti pris de Soderbergh qui ne coïncide pas du tout : celui de l'objectivité. Quelle mauvaise idée. Il n'y a aucun point du vue, et l'on a presque l'impression de ne regarder qu'un beau documentaire. Le cinéaste s'est inutilement compliqué la vie en superposant la révolution cubaine avec des images d'archives du Che au pouvoir, un choix sans pertinence.
Refusant le récit épique du mythe Guevara, le réalisateur s'égare dans la contemplation du révolutionnaire, quand le meilleur choix aurait été de faire un premier film sur la révolution cubaine et un autre sur l'exercice du pouvoir par le Che. On aurait pu voir ce tout sa bravoure et ce qui fait de lui un mythe puis sa mauvaise pratique des affaires. A la place de cela, Soderbergh nous livre film très factuel qui manque de ligne directrice. L'interprétation de Del Toro est finalement la seule chose qui peut permettre au film d'oser prétendre plus qu'à une première partie d'un téléfilm…
Par Laurent B. le 29 avril 2010.


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