Critique du film Dans la vallée d'Elah (8 / 10)
ELAH, ELLE L’A
Les Etats-Unis ont la gueule de bois, quatre ans après avoir réélu George W Bush à la Maison Blanche. Après Collision, Paul Haggis creuse un peu plus le sillon, et sonde les douleurs lancinates d’une nation en proie au doute. Dans la veine de son précédant film, au gré d’une mise en scène épurée et empreinte d’une rare sérénité, le cinéaste dépeint avec brio les incertitudes d’un pays enlisé dans un conflit, embourbé dans un problème complexe. A lui seul, Tommy Lee Jones porte le long-métrage sur ces épaules. Ses traits titrés, son vécu, ses rides apportent à La Vallée d’Elah une émotion rare et déchirante. Prestation sobre, à l’image d’un film à fleur de peau, sans pour autant bouillonner de rage.
Dans la vallée d'Elah
En ce moment, il y a ce qu'on pourrait appeler le boom des réalisations sur la guerre en Irak, où s'affrontent différentes idées. Irwin Winkler, Paul Haggis, Brian De Palma, tous s'y collent en y donnant leur vision post-Irak. Ici, l'idée c'est de montrer les répercutions qu'à l'Irak sur les jeunes GI, ces jeunes envoyés pour défendre leur patrie et persuadés de combattre pour le bien, dont le retour à la vie normal ne se fait pas aussi facilement qu'ils l'attendaient.
Paul Haggis (Collision) parvient à bien s'entourer : Tommy Lee Jones (Men in black ; Trois enterrements) nous émeut en père, ancien membre de la police militaire recherchant son fils déclaré déserteur. Susan Sarandon (Thelma et Louise ; Il était une fois...) reste détentrice de ce visage glacial qui cependant nous attendrit en mère déchirée. Vient ensuite Charlize Theron, flic qui voudrait être prise au sérieux par ses collègues masculins. Loin des pubs pour Dior, la belle Sud Africaine nous rappelle l'époque où elle endossait le rôle de la meurtrière dans Monster grâce auquel elle reçut l'Oscar de la meilleure actrice. Non grimée ici mais masculinisée, sa volonté d'interpréter des rôles aux antipodes de son physique nous confirme son ambition et son intérêt réel au cinéma. On ne sort pas de la salle en scandant Non A La Guerre, mais bouleversé par ces tristes fins de jeunes soldats trop humains pour affronter l'enfer. "On n'envoie pas les héros en Irak".
Tiffany
Par zoom-Cinema.fr le 7 novembre 2007.


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